Membre du collectif Neurosystem, Ambor Grieko aka Syl-n signe avec sa première démo une œuvre de tout premier choix qui comblera les adeptes de la quadruple croche. Ce style de programmation, signature de la musique dite "drill", consiste en la répétition très rapide du même son et y est ici décliné sous presque toutes ses variantes. L’omniprésence de ces « crrrr » et « trrrr » tout au long du disque allant même jusqu’à assurer l’unité sonore d’une oeuvre polymorphe où le clic l’emporte sur le kick.
Tracklist :
Yetenta : Hip-hop glitch assez carré dans sa structure. Débutant avec une longue plage rythmique et évoluant à mi-parcours vers un crossover electro/musique indienne.
Tabla reprogrammés façon schizo et mélodie de sitar alcoolisée pour une joyeuse entrée en matière .
l3k4c1 : Pluie de patterns rythmiques que l’on dirait sortis de chez Schematic. L’ombre de Richard Devine plane sur ce titre assez long pour nous impressionner et nous faire taper du pied mais trop court pour nous satisfaire pleinement.
Esperïde : Entre électro-acoustique et expérimentations digitales— véritable averse de parasites réverbérés et de quadruples croches aléatoires. Un morceau hybride très réussi.
Structure évolutive, évocations d’atmosphères mécaniques déréglées, BHB s’amuse avec les parasites et s’illustre comme étant le morceau au feeling le plus live de cette démo.
Smahl-iv : Opéra rythmique orchestrée comme du Wishmountain vs Otto Von Schirach qui s’habille plus loin d’une nappe ambient que l’on soupçonne être d’origine tibétaine... World music pour cyber-freak.
Dev bit détonne en déviant subitement vers un breakcore futuriste, puissant et inspiré. Il montre que cet artiste pourrait certainement être à l’aise en live face à un dancefloor sauvagement surchauffé par des pontes de la déstructuration rythmique ......et ça nous fait espérer en cachette ne pas avoir affaire à un simple exercice de style mais plutôt à un avertissement pour la suite des opérations.
Aethrytes
Dernier et plus long morceau du disque, cet Aethrytes se décompose en 3 phases et fait subitement redescendre la pression. Il démarre par une longue plage calme où les sons s’étirent, côtoyés par une nappe qui n’est pas sans rappeler le Dorine Muraille sur Fat Cat.
Cette intro est suivie par un dernier tour d’honneur rythmique en forme d’electro warpienne et la conclusion du disque est assurée par une outro ambient analogique de toute beauté. Je perçois ce titre comme un clin d’œil à The Orb ou FSOL et je me dis que c’est là un bel hommage.
Espérons que ce disque trouvera un jour une distribution à sa mesure.
Iso Brown