Beter Kom Je Niet -Hardcore-
22.00 - 23.00 : Lunatic & Miss Hysteria
23.00 - 00.30 : Promo
00.30 - 01.30 : Nosferatu vs Outblast
01.30 - 02.00 : Ophidian live
02.00 - 03.00 : D (It)
03.00 - 04.00 : Placid K (it)
04.00 - 04.30 : Angerfist live
04.30 - 06.00 : Jappo aka Unexist (it)
Hosted By : Mc Double T
Beter Donker Dan Licht -Darkcore & Industrials-
23.00 - 00.00 : D-Spirit
00.00 - 01.00 : The Rapist vs Tieum (Fr)
01.00 - 02.00 : Meagashira
02.00 - 03.00 : Armageddon Project (it)
03.00 - 04.00 : Simon Underground (UK)
04.00 - 05.00 : Radium (Fr)
05.00 - 06.00 : Partyraiser
Beter Hard Of Niet -Terror & Speedcore-
23.30 - 00.30 : Cup-A-Core
00.30 - 01.00 : Bryan Fury live (UK)
01.00 - 02.00 : Joshua (Fr)
02.00 - 03.00 : Hellfish (UK)
03.00 - 04.00 : Angernoizer vs Vageman
04.00 - 05.00 : Drokz
05.00 - 06.00 : Noisekick live
Beter Kwam Je Niet -Early Rave-
00.00 - 01.00 : Bountyhunter vs Scoundrel (Be)
01.00 - 02.00 : Bass-D
02.00 - 03.00 : OCD
03.00 - 04.00 : Dennis R &Wouter B
04.00 - 05.00 : Sequence
05.00 - 06.00 : Champ-e-on

Caliente ! Malgré la pluie sur Zaandam, le Hemkade sera vite
transformé en étuve dans laquelle danser dix minutes sans interruption vaudra
de connaître un état spongiforme.
Planqué au fond d’une zone indutrielle et commerciale, le Hemkade vu
de l’extérieur évoque plus un gros club house pour golfeurs ventrus. Il
contient cependant quelques salles, pas toutes taillées pour la rave il est
vrai, mais de bonnes banquettes bien situées dans le chill donnent accès à
des vues réconfortantes quant à l’avenir du mini short en stretch.
Le public est mélangé. Le plateau aligne évidemment quelques
pointures NL type Nosferatu ou Ophidian,
mais deux des quatre salles abritent du darkcore/terror/industrial/speedcore. A
cela rajouter un effet « vacances d’été », et voilà sans doute pourquoi
se mêlent au public hardcore NL (assez différent des gabbers en Lonsdale
d’ailleurs) pas mal d’allemands et quelques italiens. Faut-il ajouter que
nombreuses sont les chéries appétissantes en diable, à fortiori quand elles
font valser leurs gambettes selon des chorégraphies inaccessibles à qui ne
s’est pas entraîné pendant des heures devant le miroir à la maison ?
Lunatic vs Miss Hysteria : Monsieur mixe sec et
nerveux sur des phases plutôt courtes du HC hollandais entre
Enzyme et Third Movement. Un peu dommage
que tous les morceaux soient rentrés de la même façon, mais c’est le premier
set de la soirée. Madame affiche un demi-sourire glamour et envoie d’un doigté
smooth quelques tracks fédérateurs. Oeillades au public, pouces levés pendant
la photo, bien.
Raide comme la justice, Promo, qui n’a semble-t-il
toujours pas accédé au statut de Jésus hardcore NL malgré ses fréquentes
tentatives putschistes, enchaîne laborieusement tracks de hard techno
industrialisée à la mode et hardcore poli-joli. Le mix est poussif, Monsieur
Third Movement fait la gueule : on est loin de sa prestation de Thunderdome
2004 au cours de laquelle il avait montré que lui aussi pouvait mixer du gros
cheesy qui tache.

Les autres salles sont ouvertes : la moitié du dancefloor file dans
les salles industrial et terror/speedcore.
Bryan Fury vide consciencieusement les chargeurs de
son live. Sur un son aux mediums très claquants, ses séquences de rythmique
subissent ses interventions manuelles : baisse le kick, pousse la disto,
one-two one-two. A 210 bpm la soirée commence d’un pas alerte sur des
sonorités dépouillées. Le minimalisme industriel fait confiner la prestation
à l’exercice de style, limite déconne même si M. Fury est loin d’un Zappy le
Kangourou quand il s’affaire au tournage de potard.
S’il en fallait, Meagashira est l’illustration d’un
syndrome hollandais qui commence à faire tache jusqu’en France. Le cycle
comporte plusieurs phases. Un producteur sort (au moins) un tube, en l’espèce
le « Lost In Music » du Enzyme 9. Pour l’exposer au grand public, il
faut le faire tourner en DJ. Il apprend donc à caler. Et, sur la base du fait
qu’il est l’auteur d’un tube, il est promu grand DJ d’un seul coup. Résultat
ce soir : un alignement pénible de bons tracks certes, mais pendant lequel
tout le monde s’ennuie copieusement. Temps de calage à rallonge, mix grossier,
phases improbables : c’est nul. L’auteur d’un ou plusieurs tubes n’est pas
forcément à même de retourner un dancefloor, ni même de sortir un mix
honnête, preuve en est. Mais pas de problème : on nous en vendra d’autres des
comme ça (et de même pour l’inverse : les DJ qui sont censés fournir des
maxis à la chaîne pour étayer leur carrière de pousse-disques).
Dans la grande salle, Nosferatu explique à
Outblast pendant leur ping-pong comment marche une table de
mix. Nosferatu est un des meilleurs DJ hollandais, ce qui est lourd de sens. Ne
rechignant pas à envoyer un tracklisting à forte teneur en happy, il démonte
le dancefloor en moins de deux. Genre : à l’arrivée d’un break, il coupe le
son, met une main en cornet autour d’une oreille et regarde le dancefloor.
Lequel lève les bras d’un seul mouvement et se met à chanter le disque,
harangué par un Nosferatu lui-même détendu du gland. Juste un moment de
célébration ravecore comme la Hollande en connaît des centaines par an. A
cela ajouter quelques phases expertes faisant plonger le public dans les
profondeurs des mystères sub de kicks surgonflés par un
sound-system appauvri en mediums et zou, emballé c’est pesé. Outblast
bourrine comme il peut et n’est d’ailleurs pas ridicule, mais Nosferatu,
n’est-ce-pas. Et il est encore tôt dans la soirée.
Là-dessus, Ophidian plombe tout avec son live
« Deep Richard Clayderman ». Le gabber précieux, c’était bien en 2002.
Armageddon Project mixe souvent en duo, c’en est
presque dommage. Steve est bien meilleur que Matteo, ce qui explique sûrement
qu’arrivé à la moitié du mix, c’est parfois le premier qui prend seul les
affaires en main. Impeccable tracklisting de hard techno (pas la nartek, merci)
twisted voire archimentale. Du Armageddon Project sur
D-Boy évidemment, le Industrial Movement
de Dep Affect et autres sournoiseries à 160 bpm aux boucles
tordues : le dancefloor hésite (aidé en cela par un gros podium central peu
favorable aux effets de groupe). Mais la classe inhérente au duo se répand
suffisamment et fait son travail auprès de cerveaux pas forcément venus ce
soir pour se gaver d’anthems gabber.
L’affable Simon Underground la joue une fois de
plus facile dans le style princier. Captivant un dancefloor soumis via un
tracklisting pas évident pour l’endroit (du Distort bien
raide et du HC pas plus drôle à 200 bpm), il drive avec
aisance lors d’un mix au bon goût de rave hardcore bien entamée. C’est
soutenu. Quelques gabberettes interloquées essayent de remettre leur cerveau
dans ce qu’elles croient être le bon ordre, tandis que d’autres se jettent en
pâture avec délices dans les griffes d’un DJ au niveau jamais pris en
défaut.

Drokz, bon alors Drokz. Tout marcel blanc dehors,
il commence comme de juste à 230 bpm. C’est qui le Master of
Terror ici bordel ? Les Cunt défilent en bon
ordre, suivis d’occultes Kamikaze et autres sub-labelleries
gavées de dégénérescence psychique terminale. L’animal d’outre-espace
tronçonne à coups de crossfader un mix ultra destroy dont personne ne
songerait à perdre une miette (personne ne pense plus vraiment arrivé à ce
stade de toutes façons). Les equalisers de mediums participent activement à
l’entreprise de naufrage en cours. Drokz, c’est visuel
aussi. Les bras en l’air, administrant des gros oides à on
ne sait quel dieu maudit dont on ne sait s’il en est le mandataire ou le fils
renégat, c’est l’invective débaucheuse à tous les kicks. Pas besoin de
masques à la Slipknot pour arborer toute une panoplie de grimaces exprimant la
joie de se faire anéantir. Accompagnant le dancefloor vers la tombe cérébrale
dans laquelle il se précipite avec une joie païenne, Drokz rappelle ce que
c’est que de posséder un public par le moyen assumé d’un hardcore nihiliste.
Le tempo est constant, les disques défilent vite, chaque phase de mix donne
lieu à un appel aux masses à courir au plafond dans une odeur de brouillard
de neurones chauffés à blanc. Charclages, dépeçages, mitraillages. Après
45 minutes à ce régime, le final speedcore se met en branle pour finir de
transformer le code ADN d’un auditoire qui n’a pas perdu un seul danseur depuis
le début. On était venu chercher la fin du monde chez le dépositaire du
genre, on baigne dedans la gueule béante. A la fin du set (puisqu’il en faut
une), applaudissements nourris.
Partyraiser est le dieu des bourrins mais aussi un
très bon DJ aussi fin que technique. Livrant ici son troisième set de la nuit
(dur dur la vie de DJ star), il la joue deep et coulé, mental et bon. Alignant
un tracklisting de gabber indus futuriste qui sortira dans 6 mois, l’homme à
la brosse aux mèches blondes pose les bases carrées d’un bonheur à venir.
Mais, frustration des frustrations, le son est coupé net sans qu’il en eût
été prévenu : regards rageurs vers le responsable de la traîtrise, gestes
de désolation envers un dancefloor qui aurait tenu volontiers quelques disques
de plus. Cela dit, au stade post-Drokz de la soirée, qu’il reste quelques
forces pour se traîner jusqu’à la sortie du Hemkade est aussi possible.
Bon, c’est quand la prochaine (vérifier sur http://partyflock.nl/party/) ?
Dronnzz