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Beter Kom Je Niet - 13/08/2005 - Hemkade (NL)

 

Beter Kom Je Niet
13 08 2005
Hemkade
Zaandam
The Netherlands

Beter Kom Je Niet -Hardcore-
22.00 - 23.00 : Lunatic & Miss Hysteria
23.00 - 00.30 : Promo
00.30 - 01.30 : Nosferatu vs Outblast
01.30 - 02.00 : Ophidian live
02.00 - 03.00 : D (It)
03.00 - 04.00 : Placid K (it)
04.00 - 04.30 : Angerfist live
04.30 - 06.00 : Jappo aka Unexist (it)
Hosted By : Mc Double T

Beter Donker Dan Licht -Darkcore & Industrials-

23.00 - 00.00 : D-Spirit
00.00 - 01.00 : The Rapist vs Tieum (Fr)
01.00 - 02.00 : Meagashira
02.00 - 03.00 : Armageddon Project (it)
03.00 - 04.00 : Simon Underground (UK)
04.00 - 05.00 : Radium (Fr)
05.00 - 06.00 : Partyraiser

Beter Hard Of Niet -Terror & Speedcore-
23.30 - 00.30 : Cup-A-Core
00.30 - 01.00 : Bryan Fury live (UK)
01.00 - 02.00 : Joshua (Fr)
02.00 - 03.00 : Hellfish (UK)
03.00 - 04.00 : Angernoizer vs Vageman
04.00 - 05.00 : Drokz
05.00 - 06.00 : Noisekick live

Beter Kwam Je Niet -Early Rave-
00.00 - 01.00 : Bountyhunter vs Scoundrel (Be)
01.00 - 02.00 : Bass-D
02.00 - 03.00 : OCD
03.00 - 04.00 : Dennis R &Wouter B
04.00 - 05.00 : Sequence
05.00 - 06.00 : Champ-e-on

Caliente ! Malgré la pluie sur Zaandam, le Hemkade sera vite transformé en étuve dans laquelle danser dix minutes sans interruption vaudra de connaître un état spongiforme.

Planqué au fond d’une zone indutrielle et commerciale, le Hemkade vu de l’extérieur évoque plus un gros club house pour golfeurs ventrus. Il contient cependant quelques salles, pas toutes taillées pour la rave il est vrai, mais de bonnes banquettes bien situées dans le chill donnent accès à des vues réconfortantes quant à l’avenir du mini short en stretch.

Le public est mélangé. Le plateau aligne évidemment quelques pointures NL type Nosferatu ou Ophidian, mais deux des quatre salles abritent du darkcore/terror/industrial/speedcore. A cela rajouter un effet « vacances d’été », et voilà sans doute pourquoi se mêlent au public hardcore NL (assez différent des gabbers en Lonsdale d’ailleurs) pas mal d’allemands et quelques italiens. Faut-il ajouter que nombreuses sont les chéries appétissantes en diable, à fortiori quand elles font valser leurs gambettes selon des chorégraphies inaccessibles à qui ne s’est pas entraîné pendant des heures devant le miroir à la maison ?

Lunatic vs Miss Hysteria : Monsieur mixe sec et nerveux sur des phases plutôt courtes du HC hollandais entre Enzyme et Third Movement. Un peu dommage que tous les morceaux soient rentrés de la même façon, mais c’est le premier set de la soirée. Madame affiche un demi-sourire glamour et envoie d’un doigté smooth quelques tracks fédérateurs. Oeillades au public, pouces levés pendant la photo, bien.

Raide comme la justice, Promo, qui n’a semble-t-il toujours pas accédé au statut de Jésus hardcore NL malgré ses fréquentes tentatives putschistes, enchaîne laborieusement tracks de hard techno industrialisée à la mode et hardcore poli-joli. Le mix est poussif, Monsieur Third Movement fait la gueule : on est loin de sa prestation de Thunderdome 2004 au cours de laquelle il avait montré que lui aussi pouvait mixer du gros cheesy qui tache.

Les autres salles sont ouvertes : la moitié du dancefloor file dans les salles industrial et terror/speedcore.

Bryan Fury vide consciencieusement les chargeurs de son live. Sur un son aux mediums très claquants, ses séquences de rythmique subissent ses interventions manuelles : baisse le kick, pousse la disto, one-two one-two. A 210 bpm la soirée commence d’un pas alerte sur des sonorités dépouillées. Le minimalisme industriel fait confiner la prestation à l’exercice de style, limite déconne même si M. Fury est loin d’un Zappy le Kangourou quand il s’affaire au tournage de potard.

S’il en fallait, Meagashira est l’illustration d’un syndrome hollandais qui commence à faire tache jusqu’en France. Le cycle comporte plusieurs phases. Un producteur sort (au moins) un tube, en l’espèce le « Lost In Music » du Enzyme 9. Pour l’exposer au grand public, il faut le faire tourner en DJ. Il apprend donc à caler. Et, sur la base du fait qu’il est l’auteur d’un tube, il est promu grand DJ d’un seul coup. Résultat ce soir : un alignement pénible de bons tracks certes, mais pendant lequel tout le monde s’ennuie copieusement. Temps de calage à rallonge, mix grossier, phases improbables : c’est nul. L’auteur d’un ou plusieurs tubes n’est pas forcément à même de retourner un dancefloor, ni même de sortir un mix honnête, preuve en est. Mais pas de problème : on nous en vendra d’autres des comme ça (et de même pour l’inverse : les DJ qui sont censés fournir des maxis à la chaîne pour étayer leur carrière de pousse-disques).

Dans la grande salle, Nosferatu explique à Outblast pendant leur ping-pong comment marche une table de mix. Nosferatu est un des meilleurs DJ hollandais, ce qui est lourd de sens. Ne rechignant pas à envoyer un tracklisting à forte teneur en happy, il démonte le dancefloor en moins de deux. Genre : à l’arrivée d’un break, il coupe le son, met une main en cornet autour d’une oreille et regarde le dancefloor. Lequel lève les bras d’un seul mouvement et se met à chanter le disque, harangué par un Nosferatu lui-même détendu du gland. Juste un moment de célébration ravecore comme la Hollande en connaît des centaines par an. A cela ajouter quelques phases expertes faisant plonger le public dans les profondeurs des mystères sub de kicks surgonflés par un sound-system appauvri en mediums et zou, emballé c’est pesé. Outblast bourrine comme il peut et n’est d’ailleurs pas ridicule, mais Nosferatu, n’est-ce-pas. Et il est encore tôt dans la soirée.

Là-dessus, Ophidian plombe tout avec son live « Deep Richard Clayderman ». Le gabber précieux, c’était bien en 2002.

Armageddon Project mixe souvent en duo, c’en est presque dommage. Steve est bien meilleur que Matteo, ce qui explique sûrement qu’arrivé à la moitié du mix, c’est parfois le premier qui prend seul les affaires en main. Impeccable tracklisting de hard techno (pas la nartek, merci) twisted voire archimentale. Du Armageddon Project sur D-Boy évidemment, le Industrial Movement de Dep Affect et autres sournoiseries à 160 bpm aux boucles tordues : le dancefloor hésite (aidé en cela par un gros podium central peu favorable aux effets de groupe). Mais la classe inhérente au duo se répand suffisamment et fait son travail auprès de cerveaux pas forcément venus ce soir pour se gaver d’anthems gabber.

L’affable Simon Underground la joue une fois de plus facile dans le style princier. Captivant un dancefloor soumis via un tracklisting pas évident pour l’endroit (du Distort bien raide et du HC pas plus drôle à 200 bpm), il drive avec aisance lors d’un mix au bon goût de rave hardcore bien entamée. C’est soutenu. Quelques gabberettes interloquées essayent de remettre leur cerveau dans ce qu’elles croient être le bon ordre, tandis que d’autres se jettent en pâture avec délices dans les griffes d’un DJ au niveau jamais pris en défaut.

Drokz, bon alors Drokz. Tout marcel blanc dehors, il commence comme de juste à 230 bpm. C’est qui le Master of Terror ici bordel ? Les Cunt défilent en bon ordre, suivis d’occultes Kamikaze et autres sub-labelleries gavées de dégénérescence psychique terminale. L’animal d’outre-espace tronçonne à coups de crossfader un mix ultra destroy dont personne ne songerait à perdre une miette (personne ne pense plus vraiment arrivé à ce stade de toutes façons). Les equalisers de mediums participent activement à l’entreprise de naufrage en cours. Drokz, c’est visuel aussi. Les bras en l’air, administrant des gros oides à on ne sait quel dieu maudit dont on ne sait s’il en est le mandataire ou le fils renégat, c’est l’invective débaucheuse à tous les kicks. Pas besoin de masques à la Slipknot pour arborer toute une panoplie de grimaces exprimant la joie de se faire anéantir. Accompagnant le dancefloor vers la tombe cérébrale dans laquelle il se précipite avec une joie païenne, Drokz rappelle ce que c’est que de posséder un public par le moyen assumé d’un hardcore nihiliste. Le tempo est constant, les disques défilent vite, chaque phase de mix donne lieu à un appel aux masses à courir au plafond dans une odeur de brouillard de neurones chauffés à blanc. Charclages, dépeçages, mitraillages. Après 45 minutes à ce régime, le final speedcore se met en branle pour finir de transformer le code ADN d’un auditoire qui n’a pas perdu un seul danseur depuis le début. On était venu chercher la fin du monde chez le dépositaire du genre, on baigne dedans la gueule béante. A la fin du set (puisqu’il en faut une), applaudissements nourris.

Partyraiser est le dieu des bourrins mais aussi un très bon DJ aussi fin que technique. Livrant ici son troisième set de la nuit (dur dur la vie de DJ star), il la joue deep et coulé, mental et bon. Alignant un tracklisting de gabber indus futuriste qui sortira dans 6 mois, l’homme à la brosse aux mèches blondes pose les bases carrées d’un bonheur à venir. Mais, frustration des frustrations, le son est coupé net sans qu’il en eût été prévenu : regards rageurs vers le responsable de la traîtrise, gestes de désolation envers un dancefloor qui aurait tenu volontiers quelques disques de plus. Cela dit, au stade post-Drokz de la soirée, qu’il reste quelques forces pour se traîner jusqu’à la sortie du Hemkade est aussi possible.

Bon, c’est quand la prochaine (vérifier sur http://partyflock.nl/party/) ?



Dronnzz

Site web : http://www.beterkomjeniet.nl/

 

  Publication de l'article :
 
Septembre 2005

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