L’ancêtre Bizzy B revient aux affaires, profitant sans doute du retour en grâce d’une darkstep revitalisée par l’arrivée massive de nouveaux venus aux dents longues et d’une scéne uk drum’n’bass lorgnant de nouveau sur son passé mouvementé.
Prolifique auteur du début des 90’s, créateur à l’époque d’un UK Hardcore ultra-futuriste (pour ne pas dire alien) et d’anthems aussi acclamées que darks et rapides à une époque ou la vitesse de croisiére dépassait rarement le 160, Bizzy B s’était entre temps plutôt orienté vers la 2-step et le breakbeat. 13 ans après les deux premiers volumes, son ambition pour cette sortie chez Mr Paradinas (toujours bon prince et accueillant) était de développer du "new old-school". Pari réussi.
L’opus s’ouvre sur "Afraid of the darkside" qui pose de saines bases de drum’n’bass pas propre, fournie en juno de 3 notes. N’ayant jamais cédé à la production ultra-proprète le son de Bizzy B est directement reconnaissable, tout en saturations et craquements, antithèse totale du son d’n’b d’aujourd’hui.
"Deep in my soul" se veut plus léger, démarrant avec vocal féminin "I heard it deep in my soul" et s’engouffre rapidement au pays de la rave à l’aide d’une 303 chtarbée. "16 track relick" la joue minimaliste et classique et ferme la première partie de l’album.
Sur "Merda style 2004", avec un featuring Equinox, on passe pour de vrai la vitesse supérieure, au niveau de la vitesse et du son. S’ouvrant sur le classique "you don’t know the power of the darkside" de Dark Vador, le morceau pourrait sans problème être crédité Rich Kid tant la ressemblance est frappante au niveau de la construction et de la production. "Bad boy sound" continue sur la lancée en décuplant les drills et grossissant les basses et ouvre parfaitement le rideau au highlight du disque, "Darkside". Dès le début ça sent l’anthem, et l’esthéte ne se trompera pas, anthem il y a. Amens cisellés et bassline parfaite, avec ce qu’il faut de nappes et de samples vocaux (ou la réunion quasi-parfaite entre 2005 et 1992). Du grand art.
Le cd continue sur le duo "Beats in my head" et "Strenght" assez similaires dans l’esprit et la fabrication (et rappelant fortement les premières sorties de chez Renegade Hardware), et qui, si ils restent de très bonne qualité, ne sont pas les morceaux les plus voyants du disque (comprendre qu’ils ne sont pas vraiment fais pour une écoute domestique mais plus pour les dj’s).
"Fire" clôt le disque sur du amen et un vocal stretchés, posés sur une bassline glauquasse laissant surgir de temps en temps quelques lignes de synthés éclaircissant (légérement) le panorama sonique.
Une pièce déjà classique en somme, disponible aussi en 2 sorties vinyls pour les dj’s (pour 4 vinyls 10" en tout), pour ceux qui, comme moi, attendait depuis un moment la réponse british au "nouveau oldskool".
Rei Ichido