En presque 2006, les voitures ne volent toujours pas, nous ne flottons pas dans le cyberspace entre des pyramides de données, les droïdes sont plutôt rares et le soleil se lève encore. Et pourtant le vrai electro - pas la soupe clubbesque vendue sous ce nom ni la dernière chiantise étudiante vaguement glitchée - court toujours.
Le Madrilène Boris Divider est l’un des meilleurs représentants actuels du genre, sous influence des vieux Anthony Rother certes, mais souvent encore mieux. C’est sur son label qu’il nous sert ce coup-ci deux joyaux d’electrobass nappé.
« Shutdown the system » est pure magie de spleen analogique cyberphunk. Morceau connu des initiés avant même sa sortie car tournant systématiquement dans les lives du monsieur, c’est comme on dit LE classique instantané (et d’un coup de mieux comprendre pourquoi on arrivait pas à mettre la main dessus ...). Maintenant c’est fait, on l’a et on chérira ses nappes de futur pluvieux tout l’hiver. Avec un peu de chance sur un dancefloor car c’est bien de ça dont il est question. L’autre face "Soul Of My World" tourne dans des sonorités voisines, perdant (un peu) en beauté désincarnée ce qu’il gagne en testostérone. Gros thème de basse nocturne et chuchotements au vocoder pour une course-poursuite kicksnare à travers des ruelles crasseuses, saccadée comme de juste. Chaque face est complétée de bonus/dj tools comme il est coutumier dans le genre. De la balle.
Dr Venkman