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C-Drik

 

C-drik, encore assez peu connu du public sous son propre nom, a participé aux différents projets Axiome, Ammo, Projet Moonsanto, Dead Hollywood Stars, et bien d’autres... Son premier album solo, "Dissolution", est sorti fin 2002. Interview réalisée par mail, courant 2002.

Signal-Zero : Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs (parcours musical, participations, etc ) ?

C-Drik : J’ai formé mon premier groupe [Crno klank] en 1989, c’était à l’époque assez industriel/expérimental, cela faisait quelques années que j’avais découvert le milieu industriel/expérimental/électronique avec des groupes comme à ;GRUMH..., Front 242, Laibach, Esplendor geométrico, Karl Biscuit, Einstürzende Neubauten, DAF, Étant donnés, Club moral, Z’ev, Test dept., Klinik, Skinny puppy, The legendary pink dots et tant d’autres. J’ai très vite essayé de toucher à divers genres mais avec très peu de matériel... Surtout à l’époque, il ne fallait pas compter sur les ordis ! J’ai ensuite commencé à faire de l’ambiant sous le nom de M.E.3 et en début 1991 fondé Axiome avec Olivier Moreau [Imminent/Imminent starvation]. La même année, je me suis décidé à fonder un label de production de cassettes de mes propres groupes, des compilations et d’autres groupes, aussi bien de l’EBM que de l’indus, du bruitiste, de l’ambiant ou de la techno [on y retrouve de groupes/musiciens comme M. Nomized, Deleted, De fabriek, In absentia, Simbolo, etc.].

Cela a tenu quelques années et entre temps je fondais de nouveaux groupes, pour certains, disparus maintenant. Finalement le premier déclic c’est fait avec Ambre [John Sellekaers, Olivier Moreau et moi], chez Ant-Zen en 1998, un projet dark ambient. L’année suivante, au tour d’Axiome de sortir une compilation de morceaux industriels ou s’y rapprochant, enregistrés de 1994 à 1999. Ensuite, cela a vraiment décollé avec de nombreuses sorties dès 2000 de mes différents projets [Ammo, du collage ambiant au breakcore en passant par la drum’n’bass, Moonsanto, le terrorisme expérimentallo-sectaire et divagatoire du non moins grand Professor Doctor ès OGM, Goodseed, la country-western électronique de Dead Hollywood stars, les bidouillages improvisés de Logatomistes, etc.]. Voilà en gros pour les groupes.

En dehors de cela, je crée des musiques pour pièces de théâtre, des expos, des courts-métrages, spots publicitaires à caractère sociaux ou culturels et travaille de temps en temps en tant que formateur/initiateur pour enfants, des ados et des personnes handicapées [création de courts-métrages]. J’enregistre pas mal en solo mais ai parfois tendance à thésauriser... J’étais assez actif en bruitiste et ambiant dans les années 90. Mais bon, je me suis décidé à pondre des oeufs, le premier album solo qui vient de sortir [très ambiant/minimal/sombre] fera suite à beaucoup d’autres choses, aussi bien bruitistes que breakcore, indus, expérimentales ou électros [beh, oui, je suis aussi bien dingue des premiers Front 242 ou Snowy red que des Doppler effekt, Le syndicat électronique ou Cybotron,...]

Signal-Zero : Tu parles sur ton site d’une formation électroacoustique : peux-tu nous en dire plus, nous expliquer comment tu l’utilises maintenant, et nous dire si tu as suivis d’autres formations ?

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C-Drik : J’ai suivi ces cours au conservatoire de Mons, en Belgique pendant un peu plus d’un an. J’ai appris des techniques de collage et mixage relativement intéressantes que j’utilise, entre autres, dans la construction de mes morceaux, qu’ils soient électroacoustiques ou breakcore. C’est une autre vision des choses de travailler en audio et pas en midi. je me suis bien vite rendu compte que le midi est vraiment trop limité et pas toujours très intuitif... Cela m’a encore plus poussé dans la recherche sonore, en général je crée la plupart de mes sons car ce n’est pas toujours très intéressant d’entendre les même sonorités, les mêmes synthés ou boîtes à rythmes chez tout le monde, ces études m’auront poussé plus loin dans l’exploration des sonorités nouvelles. [Mais il m’arrive d’utiliser des sons d’une banalité affligeante à l’occasion ;-) ]

Signal-Zero : Qu’est-ce que Syrphe exactement ? Quelle place occupe le travail de studio dans ta vie musicale ?

C-Drik : Syrphe est mon studio de mastering, pour mes projets ou d’autres musiciens

extérieurs. Mais c’est aussi désormais un label [le premier disque vient de sortir, il s’agit d’un de mes projets ambiants], à l’occasion j’organise aussi des concerts sous ce nom et bientôt une marque de vêtement aussi [hem... !].

Disons que Syrphe regroupe mes activités principales qui sont la musique [comme c’est étrange !] et le stylisme auquel je me remets.

Signal-Zero : On peut voir sur le site de syrphe, surtout dans les liens, et dans certaines de intervention sur des mailing-lists que tu possèdes un regard politique assez critique. Comment concilies-tu ça avec la musique ?

C-Drik : Je dois avouer premièrement que la plupart de mes enregistrements actuels sont pour le moins assez dépourvus de voix, donc de messages politiques réels. Toutefois j’y travaille et certaines de mes futures productions contiennent un message politique et/ou philosophique clair. Quant à mon site et aux interventions sur des mailings listes musicales [entre autres], ceci est dû au fait que dans la mesure où je peux toucher un public plus large que si je sortais de nulle part, un public en partie ou en tout concerné par la musique que je fais et donc susceptible d’écouter ou lire mes propos [qu’ils soient pris en considération ou non], je tente de partager/propager [?] mes idées, mes opinions, mes points de vue sur la vie et le monde qui nous entoure. Je pense que cela est relativement important [mais j’y reviendrai à la question suivante] et puis j’aime affirmer mes positions, afin que tout cela soit clair, je n’apprécie pas, en général, la démarche de certains groupes qui laissent planer le doute quant à leur orientation politique, j’aime savoir à qui j’ai à faire, même si, ma foi, la musique prime assez pour moi, bien avant le message politique ou philosophique. La musique reste un art avant tout à mes yeux et si cet art peut également servir de véhicule à d’autres choses, en ce cas plus politiques, c’est un avantage à ne pas négliger. Mais je pense qu’il ne faut pas miser sur le fait unique que l’auditeur prêtera attention au "discours". S’il le fait c’est un objectif atteint parmis d’autres. Si je voulais à tout prix prêcher pour ma chapelle [quelle horrible expression !] avant toute chose et toucher un plus large public, j’écrirais des chansons à texte ! Le fait qu’il y ait une rubrique politique et une philosophique [toutes deux en construction] sur mon site et tout ces liens [aussi à compléter] indique un renforcement du discours, pour ceux que la curiosité pousse plus avant, ceux qui se sentent probablement plus concernés ou ceux qui simplement ne s’intéressent pas ou n’apprécient pas ma musique, mais uniquement mes idées.

Signal-Zero : Le débat sur le lien entre politique et musique a toujours été important, certaines scènes ne pouvant délier les deux (punk, hardcore, métal-fusion), d’autres, surtout dans l’électronique (si l’on fait abstraction de la scène breakcore) préférant s’abstenir. Quel lien doit exister selon toi ?

C-Drik : Je pense que aucun lien ne DOIT exister, mais que tout lien PEUT exister. Comme je l’explique précédemment, la musique est une forme d’art avant tout, le plus bel art qui soit pour moi et c’est cela que je mets en avant plan. Toutefois je pense qu’à l’occasion un lien politique/musique est important, la musique peut aussi servir de média et je trouve en effet regrettable qu’une grande partie de la scène électronique [dans le sens le plus général du terme] soit si peu concernée. Mais une grande partie de l’audience est assez jeune et fait partie de la génération/des générations de plus en plus lobotomisée(s) par le monde qui les entoure. Je comprends que l’on puisse se dire que la musique [les soirées surtout ?] aide à se vider la tête de toute la crasse qui nous entoure, de se sentir bien, comme dans un cocon, une espèce d’orgasme mental, mais je n’admets pas que cela soit une solution de s’isoler de la sorte en permanence. Je pense que pour mieux contrôler le monde qui nous entoure et pas l’inverse, il est bon de s’informer, de se positionner et la musique peut en se sens servir de média tout comme un film peut purement être un film d’esthétique pure et/ou un film qui communique un message. La musique est bien plus souvent abstraite que n’importe quelle autre forme d’art, dans la mesure où elle ne fait principalement appel qu’au sens de l’ouïe, il est donc parfois moins évident d’y incorporer un message, mais même dans une musique instrumentale, un message politique évident peut apparaître [Karl Biscuit avec le CD Aktualismus par exemple]. La musique, plus que d’autres art semble plus facilement assimilable par toute les cultures, tous les âges et cela peut dont être un transporteur à ne pas négliger. D’autant que musique et cinéma/télévision semblent être les médias qui touchent le plus de gens et beaucoup les jeunes [j’ai l’air d’un grand-père, non ?], les autres formes d’art ne peuvent pas ou plus être aussi efficaces à moins d’être extrêmes [Körperwelten, de Gunther von Hagens, par exemple]. Évidemment le breakcore ou l’industriel par exemple n’atteindront probablement jamais autant de monde que la pop ou la chanson française, mais je pense que cela ne doit pas empêcher le transport d’idée. Regarde Meira Asher par exemple, sur fond de musique industrielle [Spears into Hooks] ou plus expérimentale [Infantry], elle véhicule ces idées d’une manière exemplaire, elle ne mâche pas ces mots et finalement tente à se faire connaître.

Signal-Zero : Un des sujets sur lesquels tu sembles le plus mobilisé est les biotechnologies (nom sobre des OGM), en particulier avec le « Projet Moonsanto ». Le lien avec la société Monsanto, entreprise spécialisé dans la fabrication et la distribution d’organismes génétiquement modifiés, est évident. Peux-tu nous en dire plus ?

C-Drik : Oui, je ne sais pas si je suis le plus mobilisé sur les OGM, disons que je suis focalisé sur la protection de l’environnement, des animaux, du bien être de l’humain et contre la manipulation des masses par des sociétés multinationales de plus en plus puissantes. Cela m’a mené effectivement à traiter du sujet [avec un certains humour !], je devrais même dire nous [J.N. Sellekaers, M. Medea, Rob(U)Rang et moi-même]. Je pense que ces société productrices d’OGM, comme Monsanto afin ou Dupont-Denemour sont mal placées pour faire la morale au gens, prétendant que nous allons vivre dans un monde meilleur, empli de plante qui ne nous procureront que des bienfaits, sans pesticides etc., qui nourrirons la planète entière, bref d’après leur discours se sont quasi des saints, voire des dieux. Je pense qu’il faut gratter un peu et lorsque que c’est fait, on se rend vite compte qu’il y a anguille sous roche. La première motivation de ces multinationales est de manière évidente l’argent [a-t-on déjà vu ce genre de compagnie faire dans le charitable, dépenser des millions, juste pour le bien être général de la race humaine ?]. Il faut se rappeler que nombre de ces industries fabriquaient et fabrique encore pour beaucoup des pesticides auparavant et que, soudainement, prises d’une conscience bienfaitrice et d’une culpabilité des plus responsables, ces gens ne verraient plus que le bien... Par exemple : Monsanto et sa graine de maïs dite Terminator : une graine vendue au agriculteurs qu’ils ne peuvent réutiliser après récolte car stérile ; Monsanto qui intente des procès aux agriculteurs dont le champs est contaminé par leur soja transgénique, sous prétexte qu’il est protégé [protéger une plante, alors que la nature fait partie du monde qui nous entoure depuis toujours] ; les animaux transgéniques qui subissent maints tests et expériences, qui subissent leur état parfois d’une manière bien éprouvante [le premier cochon transgénique est mort dans des circonstances épouvantables, sachant à peine marcher], etc. Les pays du tiers-monde qui cultivent les céréales transgéniques... vouées à l’importation et qui n’en voit donc pas la couleur. Je pense que partant du bon sentiment de certains scientifiques, l’idée de développer des plantes qui peuvent soigner ou améliorer la condition physique ou morale, des plantes qui résistent mieux à la maladie ou aux insectes, etc. est relativement bonne, encore faut-il savoir attendre et savoir quelles sont les conséquences de ces changements [les mutations ont toujours existé à l’état naturel, mais les conséquences pour certaines espèces sont parfois désastreuses...] et aucune de ces société ne désire attendre, car il faut rentrer dans ces frais et écraser la concurence [ah ! capitalisme quand tu nous tiens !]. Certaines compagnies développent des pommes de terres qui peuvent pousser sur des sols pauvres en minéraux exceptés en métaux lourds, des sols assez stériles en fait. Leurs idée est de pouvoir, une fois de plus nourrir ls populations pauvres... Il est à savoir que la pomme de terre est une plante qui capte aisément les métaux et les métaux lourds [l’aluminium, le plomb, etc.], qui une fois ingurgités par un organisme ont tendance à se loger dans le cerveau et ne plus le quitter avant des dizaines d’années, d’où maladies dégénéréscente, etc. Autre exemple : les plantes qui résistent aux herbicides totaux et aux pesticides : fini les mauvaises herbes ! Ce qui induit que ces plantes se nourrissent encore plus de pesticides et les consommateurs également, d’où un empoisonnement encore plus massif des sols et populations [pour infos : les pesticides rendent stérile, détruise la chaîne alimentaire dès la base, etc.]. Enfin, je m’étale, mais tout ça pour dire que cela nous concerne tous de boycotter ces aliments et ces firmes. Cela me concerne également beaucoup personnellement car ces industries n’hésitent pas à expérimenter sur les animaux, à détruire leur environnement et à les exterminer à l’occasion ; je suis végétalien et accorde un très grand respect envers la nature, s’attaquer aux animaux c’est du barbarisme, celui qui est capable de cela est aussi capable de s’attaquer aux humains.

Signal-Zero : La présence au second tour de l’élection présidentielle en France de Jean-Marie Le Pen, leader de l’extrême droite française, a fait grand bruit dans toute l’Europe. Des lois liberticides sur la scène free party et la rave viennent d’être mises en application. Comment dans un tel contexte sécuritaire vois-tu l’avenir de la musique électronique ? Est-ce d’après toi réellement un obstacle ?

C-Drik : Je pense que cela peut l’être au niveau de la présentation live, sans pour autant tuer le live ou faire disparaître la scène. Mais il y aura toujours des free parties, des choses qui se passent au plus profond de l’underground. Il y toujours un monde sous terrain pour les arts nouveaux, expérimentaux, etc. et jamais personne ne les a éradiqués, même dans les pires périodes extrémistes, que cela soit sous le régime nazi ou socialiste de l’Est ou même au Royaume-Uni à la fin des années 80... lorsque je reçois des morceaux breakcore, techno, indus ou expérimentaux d’Afrique du Sud, de Chine, de Singapour, d’Indonésie ou de tout autre pays du genre, je me dit que nous sommes partout et personne ne nous écrasera, le mouvement devient populaire [...]. Au niveau musical pur et simple, comment serait-il possible désormais de décréter les musiques électroniques interdites alors qu’elles sont partout ! Un tas d’imbéciles ont voulu le faire avec le rock, le punk et tout autre genre qui à une époque ou une autre s’est révélé "différent", "jeune", etc.

Signal-Zero : Sur quel matériel travailles-tu ? Quelles sont tes méthodes de composition ?

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C-Drik : Globalement avec un PC, principalement en audio, très peu en midi, je trouve ça souvent ennuyeux et limité, toutefois j’y reviens parfois pour certaines rythmiques. J’utilise également des sources externes [synthé, vocodeur, instruments acoustiques, bruits divers, enregistrements extérieurs, etc.], mais tout est toujours retravaillé/mixé/nettoyé de manière digitale. Pour ce qui est de la méthode de composition, il y a quasi toujours une part de hasard [fructueux !] et d’improvisation, je ne travaille pas de manière statique. Il m’arrive soit de composer tout bout par bout ou bout à bout, soit de faire des jam sessions [avec Moonsanto par exemple], puis de sélectionner les parties les plus intéressantes et les retravailler au besoin [ce qui est souvent le cas !]. Je peux décider de faire un morceau dans un style et puis partir radicalement vers autre chose simplement parce que je n’aboutissais à rien en m’obstinant à faire un type de morceau...

Signal-Zero : Que penses-tu du grand débat machines contre ordinateur, toujours présent dans les musiques électroniques ?

C-Drik : Du vent, chacun sa méthode ; je pense que l’ordinateur devient de plus en plus facile à utiliser live, d’une part et puis, d’autre part, beaucoup de machine actuelles sont digitales, donc rien d’autre que des ordinateurs, ayant une seule fonction : le son généré, samplé, etc.

Signal-Zero : Tu Participes à énormément de projets, souvent dans des styles très différents. Comment évites-tu la confusion des genres ? Est-ce que cela relève du hasard ou d’une recherche volontaire d’éclectisme ?

C-Drik : Mmmmmh. Disons que j’écoute énormément de choses pour commencer ! Il est vrai que basiquement j’écoute surtout des musiques électroniques, nouvelles et expérimentales depuis les années 80. Je suis fort focalisé sur la musique bruitiste, l’industriel [surtout old school], l’électroacoustique, le breakcore, l’électro et les vieilles musiques électroniques et expérimentales du début du siècle à nos jours. Toutefois, j’adore des musiciens comme Edward Ka-Spel/Legendary Pink Dots, Karl Biscuit, Pascal Comelade, Klimperei et tant d’autres dans divers genres très émotionnels, j’écoute aussi du classique contemporain comme Giya Kanchely, Jean Barraqué, Philip Glass, etc., la musique médiévale, le baroque, des musiques du mondes [de Yat-Kha à Tom Zé par exemple], du free jazz, des productions Tzadik, certains groupes comme Ministry, Revolting Cocks, Scorn, Gelatinous Citizen, Skinny Puppy, Goethes Erben, Das Ich, Sopor Aeternus, Snog ou Mathieu Ha [rien à voir avec les précédents !], Dominique A, enfin bref, beaucoup [j’aimerais en citer des milliers, éhéhéhéh] ! Ce qui me mène à une exploration de très nombreux genres également. Mon "problème" [mais en est-ce vraiment un ?], c’est que j’aimerais enregistrer au moins un album de chaque genre possible et imaginable, ce qui m’amène à faire de l’ambiant avec certains, du breakcore avec d’autres et du trip-pop-western-soundtrack avec un autre, etc. Mais j’ai quelques genres auxquels je tiens à coeur : je veux enregistrer un album hip hop/dark hop [quelque chose de dur, entre les premiers Meat Beat Manifesto, Techno Animal et Alec Empire ???!!] et un album triste, électro-gothique-psyché-classique, enfin, un truc dans le genre ! Bon, je m’éloigne du sujet ! J’évite la confusion de par le fait que je travaille dans de très nombreux projets, chacun son style, et encore, quand tu écoutes Axiome ou Ammo, c’est relativement écléctique, non ? Je me sens libre, je n’ai pas à faire pencher la balance du côté d’un public suiveur, si demain je veux enregistrer un album balmusette-core, que cela plaise ou non, je le ferai, car cela doit d’abord me plaire avant de plaire à quiconque d’autre, mais bon, il semble qu’il y ait assez de gens fous pour me suivre, hem, aïe, frappez pas si fort, ouch...

Signal-Zero : Lesdits projets sont plus connus du public que ta carrière personnelle. D’ailleurs, le premier album en ton nom propre est sorti il y a quelque mois à peine. N’est-ce pas frustrant ? Comment gère-tu ce semi anonymat ?

C-Drik : Non, c’est un peu un choix, si on veut. Je me suis plus penché sur mes travaux en groupes depuis quelques années, alors qu’au début ’90, je sortait des choses en solo [sur des labels cassettes, du noise, de l’indus, etc.], et puis, je suis parfois un peu fainéant : je compose et puis les morceaux moisissent dans un tiroir pendant des mois, des années avant de me décider à en faire quelque chose. Mais cela change !!!!!! Différents disques solos sortiront, notamment l’année prochaine, certains très différents de celui sorti cette année...

Signal-Zero : Comment vois-tu ton avenir musical ? Quelles sont les pistes que tu souhaites encore explorer ?

C-Drik : Oh zut, j’ai déjà plus ou moins répondu... Bon à part le dark hop et l’électro-goth, tout ce qui n’existe pas mais qui est encore à inventer, hin, hin. Il y a un album électro en préparation avec un ami DJ et un projet un peu à la traîne avec un musicien classique belge, une composition mixte électroacoustique/violoncelle probablement. Tout est dans nos têtes, ça ne fait pas beaucoup avancer les choses, mais j’étais trop occupé cette année. Il y a aussi, enfin ! Le fameux album de Crno klank, mon premier groupe en réalité, un mix entre bruitisme, indus, musique percussive africaine et coréenne, bientôt totalement enregistré ! [Les compos datent de 1996 à 2002... no comment !]

Signal-Zero : Et pour finir, tu parles sur ton site du lancement prochain d’une ligne de vêtement, tu peux nous en dire plus ?

C-Drik : Ourk ! J’ai dit ça moi ???? Bon, ça traîne vraiment beaucoup... En fait, je prépare le site de ma compagne [Noranymph], qui est styliste/costumière de théâtre. De mon côté je suis débordé avec la musique, cela viendra, mais je ne sais pas quand et pas en quantité astronomique !



Zetschai

Site web : http://www.syrphe.com/

 

  Publication de l'article :
 
Eté 2003

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