Passée la méfiance face à un genre vendu comme l’Avenir, ou plutôt le Présent, en cette décennie jusqu’ici bien stagnante, il faut admettre qu’il y a de la vie dans les marécages dubstep/grime. Un large pan noir et industriel de la chose est en croissance rapide. Outrageusement lent, lourd, tout en progression rythmique heurtée au fin fond de l’interzone aquatique du dub. Cette musique séduit beaucoup par son utilisation mature de l’espace, sa puissance zen. Les tracks sont minimalistes ; concentrés sur l’essentiel ; pas stérilement surédités. Les producteurs dubstep savent visiblement où ils vont et comment s’y rendre par le chemin le plus direct.
Ici on retient surtout le titre « War Dub » (rien à voir avec le fameux morceau de Manu Le Malin) qui une fois l’ambiance posée, libère un riff bien dégueu et futuriste obéissant aux mêmes spasmes que la rythmique pour encore plus de sombre menace reptilienne.
L’autre cut s’intitule « alien tongue » et marrie éléments ethniques brésiliens, effluves de skunk et ténèbres suburbaines sur ces placements rythmiques si spéciaux que l’on commence à sérieusement sentir. Comme de bien entendu, le son est écrasant.
Dr Venkman