/recherche : /netlabel /forum /contact /sommaire

/interviews
/chroniques
/reportages
/playlists
/dossiers
/signal parasite

/artiste(s) :
Dj Skinhead

DJ Skinhead - Extreme Terror - Industrial Strength 51

 

Artiste : DJ Skinhead

Titre : « Extreme Terror »

Label : Industrial Strength

Référence : ISR51 (2x12")

Double vinyle reprenant les mix originaux de "Extreme Terror" du duo Lenny Dee/Sal Mineo et les coups de main du comparse local Oliver Chesler (toujours les mêmes). Tout cela vous a forcément ce petit goût de morceaux mythiques joués dans des mix mythiques lors de soirées mythiques par des DJ mythiques à une mythique époque. C’était mieux avant et si Proust n’est pas mort étouffé par les madeleines, « Extreme Terror » ferait un beau gold member à l’équivalent hardcore des « Enfants de la Télé », émission mythique où des gens mythiques viennent raconter leur mythe personnel sous les yeux d’amateurs (de mythique).
Quatre faces (S, K, I et N), dix morceaux. Le « Was ist los, Deutschland » le plus mythique du hardcore reprend du service. « Extreme Terror (Terror Mix) », 909 sepia et programmation pré-dadaïste, défenestre son « Motherfucking New York Hardcore » toute conviction épargnée par le poids des ans. Quelques breaks prétextes à des rush d’énergie tout en roulement de kicks, des aigus hystériques, Sal et Lenny ont de la testostérone dans le clic de souris. Plus ouvragé, « Remix EN » est aussi plus ouvert à sa propension à la vilenie : vitesse en augmentation constante, synthé saccadé au hachoir, vite vite, on est bien mais vite Ouf.
Face K, « Take It Outside » d’Oliver Chesler laisse l’énergie brute à Lenny Dee pour privilégier des options psychotiques exubérantes, où quand une évolution en syncope et des synthés des plus perfides viennent intimer aux paires d’yeux de se révulser quelques instants, histoire de matérialiser cette transe urbaine dont il était question à propos de techno en ces temps lointains. Plus posé et tout aussi délicieusement old-school, « In The Darkness » aligne des longueurs phat-synth tellement d’époque. Charmant et mal vieilli. Le « DJ Skinhead (Mutha Fucka Remix) » de Sal Mineo a une bonne petite gueule de frénétique, virulent dans l’économie de moyens, toute de kick et de caisse claire contenus et tendus vers l’objectif, jusqu’à ce que dans le dernier tiers un thème de synthé doublé à la 303 ascendante vienne rappeler qu’avant (quand c’était mieux, donc), on était joyeux en faisant la teuf, d’où sûrement ces évocations happy pour jumpers en survêts et sifflets plus antiques que la DS de Fantomas (celle qui vole comme une fusée).

« Extreme Terror (The Pain Mix) », face I, samples vocaux gargouillés et guitare électrique velue en avant, sons de laserguns en sus, feutre la vitesse (180) et la joue brouillon et interminable. Le « Extreme Terror (DOA Mix) » envoie un gros oide. Ambiance nihiliste, dark et rude. Les synthés tiennent le coup et l’ensemble garde son potentiel persuasif et percutant. C’est raide, c’est dur.
Face N, « Extreme Terror (Gangster Mix) » voit Oliver et Lenny baver de concert devant les petites lumières vertes du sampler. Ramassé et cohérent, ingénieux dans le narratif et généreux dans la linéarité, ce track reste donc un petit plaisir de 210 BPM bourrins.
 »Strength Of Terror » (O. Chesler) fait le beau dans ses habits dark electro et des coquetries limite new-wave. Track caution musicale de l’ensemble.
Quant à « Extreme Terror 111 » (qui s’était retrouvé sur le Cunt hors-série consacré à différents remix de ce titre), filant à 240, gros pain à la face de, il conserve tout son potentiel de malfaisance, piétinant jusqu’au sample vocal « DJ Skinhead » par ailleurs plus sacralisé. Sortie en forme de carbonisation, expédition punitive au pays des fallacieux, éructation prolongée et incitation au paganisme débridé, il continue de faire saliver les bouches même crispées.

Documentaire.



Dronnzz

Site web : http://www.industrialstrengthrecords.com/

 

  Publication de l'article :
 
Novembre 2003

/copyright /sommaire /signal zero e-zine 1999/2006