Celui-ci fait mal. Un split Drop The Lime et Black Ham (alias Rotator !), deux figures du breakcore qui consacrent maintenant tout ou partie de leur énergie à expérimenter avec des beats grime/dubstep. Une bonne idée vu le résultat : les éléments rythmiques se dégomment les uns les autres comme dans un jeu de quilles jusqu’à l’emballement et le retour à un équilibre précaire...et ainsi de suite. Tension / release. Le miracle est d’aboutir ainsi à une dynamique en 2step nerveuse et stimulante pour les jambes à un tempo sur lequel il fait bon se caler. Est au dubstep anglais classique ce que Dieselboy est à la d&b originelle, ou le raggacore à la musique dancehall : un reflet déformé et trash. Les éléments reggae dégagent au profit d’une énergie beaucoup plus punk/rave et hardcore (seules subsistent des incantations ragga tellement robotisées qu’elles n’évoquent plus rien d’humain).
Sur chaque face : d’imposants riffs descendants d’alpha juno balancés sans chichis, et un sens du chaos contrôlé importé de ce que le breakcore a de plus efficace. Moins de crédibilité rue (on s’en fout), plus de lâchage. Et donc plus de surprise, surtout quand le morceau part brutalement et brièvement en binaire 4/4 avec le synthé bloqué en off beat (sur « Necron » l’impressionnant titre de Black Ham en face B) Dansant et dévastateur, rafraîchissant et prometteur, du méchant son très bien produit pour faire de méchantes fêtes.
Dr Venkman