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Dark Invaders

Dark Invaders - Eric Blade & Joe Cocane EP - SGC 001

 

Artiste : Dark Invaders

Label : S-G-C

Titre : Eric Blade & Joe Cocane EP

Référence : SGC 001

Format : 12"

Non content de produire un doomcore parmi les plus rudes du marché (tendance mystico-dark premier degrés plus que mélancolico-maussade), la secte de Frankfurt Main plus connue sous le nom de Dark Invaders lance son propre label avec une première sortie entendant prouver que le doom ne plafonne pas forcement à 140 ouvertures de sépultures per minute. Ici on danse davantage du coté de l’école Nordcore/Kotzaak 200 poum-tchak-poum-tchak-poum-tchak échevelé. Quatre morceaux que les bougres jouaient déjà en live en 2002 et qui figuraient sur diverses compiles Operation Nordcore sans encore avoir été inscrits dans la cire. C’était péché.

"Temple of Eternal Night" et une descente vers les marches les plus basses du Grand Tout dont les Allemands détiennent la carte depuis quelques aeons. Un thème de nappe fantomatique aux contours oscillants habille un bon passage à tabac kick-snare. Viens flotter avec nous Dany... .

"Blood God", son décorum à la Clive Barker, sa trame minimale et hautement mixable, ses synth-stabs misanthropiques, son absence totale de " pt’its sons chelous qui l’font bien " : précieux et rare.

Face b :

"Mudvain", c’est le morceau sur lequel ils font semble-t-il éteindre toutes les lumières en live. Sûrement pour mieux laisser la malsaine mélodie rougeoyer dans les abîmes de la basse. Là encore pas de gros pieds gabba filtré mais des impulsions raides. Pas de fioritures plug-ineuses qui ruineraient l’esprit intemporel des morceaux, mais des ténèbres grondantes pour les plans strobe et fumée d’Outre-Rhin.

"The Final" laisse des grincements hitchcockiens annoncer l’horreur pour mieux actionner un kick pumpin’ rapide (230 bpm, quand même) et obstinément droit. Dans pareil contexte le dit pied sonne tout sauf mielleux, surtout avec la fanfare 909 qui trépigne par dessus, m’enfin, espérons quand même que le crew S-G-C ne va pas se chopper une passion pour le "terror" (mon cul !) à la française sur le modèle de leurs concitoyens dj Stahlin and co. Pour l’heure il y a encore de la marge, beaucoup de marge : les tracks ont tous en commun un climat grave, tendu, qui n’est jamais dédramatisé par tel ou tel effet "teuf" (ce qui ne sous-entend en aucun cas un manque de patate). A une époque de hardcore aussi narratif qu’un manuel de carte-son, on dit juste : merci.

Dommage que la stratégie du Phuture Rave 3 par les mêmes envahisseurs (une face lente/une face speed) n’ait été abandonnée au profit du galop intégral. En attendant on tient là l’un des rares disques actuels capables de prolonger en mix l’ambiance des plus effroyables Jack Lucifer.



Dr Venkman

Site web : http://www.s-g-c.de/

 

  Publication de l'article :
 
Mai 2005

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