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Dark Invaders
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Phuture Rave

Dark Invaders - Troops of Doom e.p - Phuture Rave 003

 

Artiste : Dark Invaders

Label : Phuture Rave

Titre : Troops of Doom E.P

Référence : PRV003

Format : 12’’

Dark Invaders est un live act issu du Splitter-Gruppen Core, confrérie qui regroupe la nouvelle garde darkraveuse de Frankfurt. Des gens qui ne semblent pas peu fiers de l’héritage légué par la dynastie PCP à leur ville. La mystique de la musique for huge arenas poussée dans ses retranchements les plus caricaturaux et verdâtres. Les tracks sont 100% instrumentaux, aucun sample de voix humaine, pas même un petit murmure de goule.

« Troops of Dooms », dragon de hangar, déploie ses larges ailes membraneuses en forme de nappe sur deux notes. LE morceau pour ouvrir un set de doomcore narratif - un vrai set doomcore - façon « il était une fois en des terres désolées... ». 140 bpm de croisière. Snaredrums et charleys en bataillons disciplinés. Spatialisation rien classieuse. Agencement martial de chaque piste. Le doom est un style qui se fout pas mal de sonner "intelligent" ou "frais". Et d’ailleurs il t’emmerde. Ici un riff synthétique racle et grogne tandis que tout l’édifice sonore dérive majestueusement dans les lumières mortes. Ce que nous avons là c’est de la grosse heavy-rave archétypale, abrupte, aussi réchauffée qu’attirante en ce qu’elle génère l’accès de froide jubilation qui fait le charme du style sur le dancefloor.

Vient « World Invasion », la plus belle tranche de la galette. Dépouillé, sépulcral et ricanant, ce doomtrack se construit selon un plan insidieux (comme toute invasion efficace vous confirmera n’importe quelle forme d’intelligence alien). D’abord un kick qui durcit, et durcit encore. Puis un lead de synthé trituré du potard qui à force de convulsions, finit par tomber hors contrôle dans le dernier quart en vortex analogique de toute beauté. Les snaredrums s’émancipent brièvement du pied pour suggèrer la gabbadance, mais tout rentre vite dans les rangs de l’Empire.

Plus rapide et kotzaakienne est la face B. « Insane RPN » galope dans la nuit sur une base kick-snare-kick-snare. Un blizzard-nappe chargé de voix spectrales balaie la plaine, théâtre d’une chevauchée de Nazguls. Arrive le grand break et l’entrée en scène (toujours spectactulaire !) des célèbres autant que morbides cyberchœurs gothiques détunés, dérobés jadis aux Carmina Burana pour devenir stab récurrent de moultes merveilles & nazeries eurorave. Ne pas chercher l’inédit, juste se laisser emmener par cette grandiloquence hypercodifiée, comme quand l’Antéchrist tombe le masque dans une bonne vieille série B.

« Gnade RPN » de DJ Xenomorph referme le grimoire sur un schéma très scolaire. Clavier-cliché dans les graves genre "bienvenue en Enfer petit raver" et beat traçant crypto-thrash (metal). C’est la grand-guignole déliquescence du darkcore germanique tel que Jack Lucifer en écrivit les règles. Mais pour le coup on est loin de "96 Knight".

Comme ses deux prédécesseurs, ce 3ème Phuture Rave marche sur les traces des Grands Anciens de FFM avec un respect quasi-religieux. Il prodiguera sans problème quelques picotements aux deejays doom-darkcore qui assument leur vice.



Dr Venkman

Site web : http://www.splitter-gruppen-core.com/

 

  Publication de l'article :
 
Décembre 2003

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