Certains Allemands sont fous de frenchcore, que voulez-vous. La nervosité du genre aura séduit des oreilles sourdes aux sirènes hollandaises. Résultat, « Puto » et « Say What » portent la marque du genre. Ceci étant posé, c’est bien l’aspect protéiforme, voire « foutraque » (comme ils disent dans Télérama) de ce double maxi qui flatte les sens, entre un Enzyme 78 et un Third Movement 364.
Le hardcore nerveux et pentu trique de plus en plus droit. Il sort des limites que les esthètes lui avaient fixé. Ce superbe « Motherfucker », par exemple. Début breakcore, limite intelligent machin. Un « Kick out the bass ! » plus tard et c’est un hardcore bien cadencé du boulon qui prépare le terrain à une affaire speedcore pas plus regrettable que ça. Retour à de l’indansable, ad lib. Giclure. Le « Bangacore (Hellfish Remix) » lorgne sur le même concept breaks tordus vs hardcore, activant des options qui n’auraient pas déparé chez Bloody Fist (la qualité du son en plus, ici). « Say Yoh », très breaks et core encore, est aussi plus explosif : la libération d’énergie donne à la répétitivité ce qu’elle prend à l’exhaustivité des formats. On ne dodeline de la tête pas forcément en même temps qu’on agite sa chute de rein.
La petite guimauve funky du « Sucker DJ (Kold Rock Remix by Lenny Dee) » tape quelques grappes de bpm en dessous. Le dabe, pêchu, tisonne du cerveau avec quelques crissements aigus complètement foutus. L’ambiance est à une espèce d’effondrement des garanties ; donc, malgré une vitesse de croisière, euh, de croisière pas exponentielle, le choix des armes est judicieux. « Get the Fuckaaa », pas candidat à l’originalité débridée, rassurera les caleurs de linéarité dancefloor. C’est hargneux, un rien dépouillé, et tellement terror. Seule une boucle un peu aspire-neurone et une fin en chantilly destroy sauvent le track de la relégation en division frenchcore. Quant au « Sucker DJ (Bon-Ra Remix) », c’est moitié hard break, moitié hardcore d’altitude, pas si rapide, mais tellement haut dans la deepness. Il a des voix dans sa tête, le séquenceur. Il ne s’en plaint pas, ça l’occupe pendant qu’il attend à la Sécurité sociale.
Dronnzz