Youpi, les Bretons sont de la party ! Non pas les auteurs de ce maxi mais la bande derrière Hardcore Basic (site ami, forum cultivé, et aujourd’hui label), bien active dans les soins prodiguée à une France hardcore qui ne sait pas trop où elle va. Pas grave ! Ayant requis les services de l’indémodable Dr Macabre, de la Princesse Hardcore Ybrid et de deux jeunes premiers du moment, les bretons core pavent de vinyle leur enthousiasme.
Sorte de parrain revenu d’entre toutes les morts, Dr Macabre place dans « Hardcore Basic » quelques arguments lancinants reconnaissables. Loin les envolées mélodiques cependant ; l’heure est plutôt à un hardcore mid-tempo au fumet indus bien dancefloor : le groove est mis. Pas de complexité rythmique servant à cacher un complexe d’infériorité comme chez certains collègues hollandais. Le track a un petit côté teigneux qui fait rester sur ses gardes : simple oui, simpliste pas vraiment. Une sorte d’ambiguïté sous-entendue.
Avec « Virtual Machines », Murmure (sorte d’espoir du hardcore français) frôle avec une joie coquine certains atavismes nationaux : structures nerveuses, sonorités caverneuses, trame hypnotique. Mais ça se retient d’avoiner aveuglément pour mieux valoriser cette gueule d’atmosphère (dark, cela va sans dire). Un morceau hardcore n’est pas obligé de faire joli pour titiller du côté sombre dont Stephen King emplit ses apparitions médiatiques.
Chaosbringer (sorte d’espoir du hardcore français, à croire qu’ils se reproduisent) a déjà cet insigne honneur d’être sur la même face que la farouche Ybrid. Well. Quant à ce « Scorpio Stinger », que dire à part qu’une fois de plus ça évoque furieusement The Outside Agency (quand c’était bien), et qu’une fois encore on a l’impression d’un hommage aux maîtres. Le son ramone, dommage que Chaos qui bringue s’en tienne à ce doom intello-révérencieux - voire franchement timide.
Maman, c’est pas une mode neo-gabber et un fashion speedcore qui va lui faire lâcher son rictus. Pendant que par milliers les gamins flanchent pour le kick-disto et/ou l’extratöne (attention à bien placer le ¨ ), elle continue de piquer l’aiguille rouillée de son indus dans des veines rongées par l’abcès de son dancefloor bien dur. Dépouillant certains de ses préceptes de base (variations rythmiques, chœurs spectraux, déflagrations synthétiques) de certaine préciosité de jeunesse, Maman salue ici et là le Mouse de l’époque Fishkopf (certains ici n’avaient pas commencé leur puberté). Le respirateur de Darth Vader prend donc en sandwich cet « Exscreo » se distinguant des choses précédentes d’Ybrid par une progression presque ordonnée.
Un premier maxi témoignant que le hardcore français ne se limite pas au frenchcocore. Par ailleurs, tout cela reste bien dark et à même de faire danser les quelques morts qui se risquent encore sur les rares dancefloors qui nous restent. Alors, à quand les soirées Hardcore Basic ?
Dronnzz