Entre le hardcore énervé et le speedcore abstrait existe ce genre de choses, du hardcore d’arraché qui se réclame comme tel, mais qui pour des raisons de convenance peut être rangé sous l’appellation « Terror ». Bon.
“Beck Schijten (Intelligente Speedcore Mix)” de Drokz, Tafkat (The Artist Formerly Known As Tails) et MC Klit, n’était-ce l’humour contenu dans son titre, est une destroyerie de plus à mettre au compte de ses auteurs, au palmarès déjà bien fourni. Chant de la distorsion, jouissance du flanger, aigus bâtards et rythmique 260 bpm asservie à la célébration d’ambiances de fin du monde dont seuls des âmes corrompues pourraient se réjouir, tout le folklore du Master of Terror tel qu’il l’édifie depuis les premiers Cunt (1998) est là. De l’arrache donc, mais de la bonne.
Le “Koffie vs Thee” de Noizefucker vs The Vizitor fait presque sage, à côté. A seulement 240 bpm, c’est limite « Kick only ». Donc, le son d’un beat autoroutier est progressivement tourné en noise : ses contours sont dilués au fur et à mesure que ses fréquences les plus aigues prennent le dessus, renforçant la disparition des basses. Au break de mi-morceau, le kick reprend une forme plus rectiligne avant d’être de nouveau fondu dans un bain de disto compressée menant le tout vers une tambouille fleurant bon les flaques de cerveau sur le dancefloor. De l’arrache donc, mais de la bonne.
L’ami Noizekick en banderait presque mou avec “Koffie mit een Steen”, linéaire et pas vraiment inspiré. Cela fait son travail, bien sûr, mais l’écoute préalable des tracks de l’autre face ne rend pas propice à l’art un peu naïf ici contenu, malgré l’inclusion d’un sample d’un morceau de variété française à l’interprète non identifiée. Un peu le même problème avec le “Real Speedcore” d’Arizz, un peu trop bordélique dans le chaos pour en rendre efficacement la mise en musique. Speedcore et candeur ado ne vont pas bien ensemble.
Mais bon, les bêtes immondes nécessitant leur dose de drokzerie régulièrement pour se tenir (à peu près) tranquilles là-bas dans leurs espaces infernaux trouveront là une pitance ayant de quoi calmer leurs appétits d’enfer.
Dronnzz