Détours en altitude avec le nouvel opus du duo suisse Everest.
Ca démarre sur un track que Phonem aurait pu commettre s’il avait décidé un jour de faire autre chose que des morceaux fleuves et cela inscrit apparamment le cd dans la continuité de leur premier ep (deja chroniqué ici)
S’ensuit huttenkoller qui se développe sur une trame cinématique ornée d’un piano maladif et de flèches sonores fugaces ou s’enchevêtrent la baraque hantée d’une fête foraine filmée par John Carpenter et l’ambiance tribal rave party des vieilles sorties Harthouse (The Ambush vous vous souvenez peut être). Un mélange original qui s’avère être au final pour moi le meilleur track du cd.
Si Pex, le 3 ème morceau s’avère agaçant à l’écoute, c’est surtout du fait de l’utilisation ultra abusive d’une nappe de synthétiseur 80’s qui phagocite le beat. Il y a des écueils faciles dans la musique lancinante.
Le bien nommé Mercedes, ainsi que Falck enfoncent le clou : non, il n’y a finalement pas de continuité dans la production mais digression en forme d’hommage à un proche passé de la musique électronique où l’analogique n’était pas encore kitsch.
Puis le ciel s’assombrit pour Gerzen et Altimeter, l’analogique cède la place aux modulations fm. Les ambiances se font plus contemporaines, le beat plus acéré, le fond sonore toujours désireux d’évoquer l’altitude...trinité par le nom, l’artwork et la musique...
Avec Aperum, c’est quasiment un coucher de soleil sur pic enneigé qui nous est donné à écouter. L’air se fait plus pop, la brise sonore caresse la joue. On pourra aussi objecter qu’écouter du Vangelis avec un beat estampillé "2004", ça reste quand même un peu léger. On n’en sortira pas moins troublé.
Hakker theme enchaîne après l’émouvant intermède Mellow death et fait subitement dériver le disque vers le dub électronique tunné à la 303 grassouillette.
Faulhorn s’immisce alors et projette l’auditeur dans un coussin jazzy IDM lowtempo suivi illico par une conclusion ambient un peu tronquée.
Une sortie subtilement séduisante qui recycle le passé sans trop sombrer dans le pastiche ; le tout dans un rutilant digipack.
Iso Brown