Le hardcore a mauvaise presse. Souvent confondu avec une hardtek grossie et speedée ou avec les productions frenchcore des plus obscurantistes, il voit s’éloigner de lui des teuffeurs et DJ soucieux de la crédibilité de leurs goûts musicaux. Alors si le gabber ouvre ses bienveillants bras à moult lapereaux sortis du champ, le speedcore voit aussi venir à lui de petites brochettes de lemmings tout prêts à durcir le ton. Pour cela, une recette économique s’impose : appuyer sur le bouton ’45’ de la platine pour que le 210 bpm longtemps adoré devienne un viril 286,36 instituant qui des artistes expérimentaux, qui des grands fous capables de tous les excès.
Si « speedcore » devient donc un mot qu’il est bon de prononcer d’un air entendu, il reste que rares sont les productions du genre à être suffisamment glamour pour passer la herse dressée par les piercings des casquettes. Et si les six titres de ce maxi flingueur de vermine sont effectivement rapides, pauvres en oxygène et suintant la suie, le hardcore demeure le roi en son domaine. Parce que 250 seulement, parce que canevas rythmique encore ouvert à quelques nuances dans le noir-comme-de-juste, parce qu’encore bien carré pour prétendre à l’abstraction. Kicks à l’agressive énergie, nappes doom discrètes, boucles d’égout, saturation en marchand de châtaignes grillées au coin d’avenues au tracé lointain, tout concourt à ajouter « The Currency Of Pain EP » au chargeur d’un hardcore qui, se foutant des fluctuations du bétail, peut grimper en vitesse sans changer de nom.
Dronnzz