Hard techno un peu dure aux fantômes presque trancecore pour deux morceaux aux mérites progressifs (on n’ose écrire hardstyle). Sur les deux faces la voix grave et suave d’un conteur de vies lointaines s’étend le long de mesures attendant son assentiment pour libérer nappes au nez fin et tensions au bouquet léger.
« No Friends », écho en facteur mystère sur la voix, est balancé par des triplets dont la complicité avec le kick est évidente, puisque leur distortion se love en lui avant qu’une boucle gracieuse zèbre le corridor. Le groove écarte, un coup à droite un coup à gauche, les rigidités d’un track dont la voix fait presque un exercice de style parlé-beaté. L’affaire menée sans temps morts ne peut qu’inciter au relâchement des addictions au kick au kilomètre, tant l’invite sécurise.
« Brunilda » est encore plus progressif, c’en devient drôle tant l’entrée de ses différents et peu nombreux composants musicaux se fait au rythme d’un récit à propos d’elle : Brunilda. L’ésotérisme des lignes de texte enfantera bien sûr de l’extase mystique lorsque le « -da » sera mis en boucle sur un de ces kicks indéracinables des terres d’Asgard, et que le saint bégaiement fera place nette pour le chant - reproduit par un synthé en chaleur - d’une monture elle-même cosmique, comme tout ici.
Il semblerait donc que cet OVNI de TRSE 13 soit un agent cryptohardstyle chargé de venger la trance perdue par sa gnangnantisation en faisant gober la crédibilité de telles oeuvres.
Dronnzz