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Hardcore Extremis - 01/11/2003 - Platte Zaal - Maastricht (NL)

 

HARDCORE EXTREMIS
01/11/2003
Platte Zaal, Maastricht, Pays-Bas

Area 1
21h30 - 23h30 DJ Niel
23h30 - 01h00 JDA
01h00 - 02h30 DJ Promo
02h30 - 04h00 Randy
04h00 - 05h30 Vince
05h30 - 07h30 Akira & Drokz

Area 2
22h30 - 00h00 Chosen Few
00h00 - 01h30 Kristof
01h30 - 03h00 E-Noid
03h00 - 04h30 D-Spirit
04h30 - 06h30 Hamunaptra

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Flyer Hardcore Extremis

Même dans un pays à l’échelle des Pays-Bas, il existe une province et Maastricht y est bien nichée ; loin de la chaudronnesque Rotterdam, il plane ici l’atmosphère des lieux apaisés où il fait bon vivre, comme disent les publicités pour week-ends de cadres stressés. Sous un pont enjambant le fleuve Maas, le Platte Zaal est une salle de capacité moyenne (1500 personnes) prolongée d’un bar servant de deuxième salle dans le cadre d’évènements comme celui-ci. Et, les masses ayant dûment fêté la grande citrouille et autres choses d’Halloween la veille, c’est dans un espace clairsemé que se déroulera la première édition des Hardcore Extremis.

Demoiselles en couettes/minijupes/rangers, messieurs en Lonsdale/501/Air Max, les uniformes sont là mais ils ont le mérite de la propreté et ce qu’il y a dedans est plaisant à l’œil. Le débonnaire DJ Niel aligne dans la décontraction de bons tracks newstyle, en plaçant ici et là quelques joliesses old-school voire du tube à base de bon gros sample vocal identifié et chantable par un public sur les starting-blocks. La technique sèche pour mix ajusté, il ne s’aventure pas dans le tape-à-l’œil : c’est agréable et plein de breaks, ça fait revenir les petits oignons commençant à traverser la salle en dansant et quelque malice pointe le bout de son DJ-trick dans la dernière demi-heure. Puisque hein, l’on finit avec un « Don’t Fuck With A Ruffneck » de bon aloi bien que joué 32000 fois.

JDA sent le calibre supérieur, bien que la technique des premières phases soit hésitante pour le niveau relevé par ailleurs. L’affaire s’engage sur base de gabber tubesque pas encore désagréable puisque c’est toujours le début de la soirée, mais les velléités rudoyantes du sire dénoteront quand même avec un tracklisting rebattu. JDA est à l’aise sur un terrain balisé, tous les codes sont respectés, rien à redire.

Chosen Few, dont l’enveloppe corporelle ne s’est semble-t-il pas encore complètement rematérialisée de ce côté-ci des limbes (dans lesquelles un séjour prolongé marque son homme), enchaîne ou cale, c’est selon, à la manière du type conscient que son avenir brillant est derrière lui. Ressuscité à la faveur de la réédition d’un de ses tubes (« Name Of The DJ » sur le VIP 005), il déroule quelques antiquités entre des tracks hard-gabber efficaces et dont l’absence de prétention désarme la critique arty. Des gaberrettes de 18 ans crient sur le dancefloor, des danses du feu s’amorcent, des rictus païens s’affichent. Une bande de groupies attendent fébrilement Mokum luisant en main pour aller chercher l’autographe à la fin du set. Chosen Few envoie un track PCP usé jusqu’à la corde, craquements à tous les étages, et vient boire des bières qu’on lui offre. Convivial, hein.

Dans la grande salle, Promo et son air sérieux s’apprêtent à prendre les platines. Une voix retentit au micro, un groupe s’est formé sur la scène. Un des organisateurs de la soirée appelle en anglais au respect de la mémoire de Three Steps Ahead décédé quelques semaines auparavant. Silence pour une minute. Des briquets s’allument et c’est face à un public figé que DJs et organisateurs garderont la pose stoïque seyant à la solennité de cette commémoration. Le silence a tenu sa minute, le rapport du public hollandais à sa scène hardcore vient de dépasser le cadre de ses folkloriques passages obligés. Moins grandiloquant qu’émouvant.

Promo donc. Sobre. Pas raide mais sobre. Les signes même minimes de connivence avec le public resteront invisibles. Évitant l’ornière de la setlist compilatoire de tracks Third Movement, il se lance dans le déroulement d’un manifeste à l’adresse des mal-comprenants. L’ambiance est au rebrousse-poil. Fi des breaks et des refrains à entonner. Les phases de mix sentent l’acharné, c’est pédagogiquement tendu, le son sera le plus industriel de la soirée. Si DJ Promo est heureux d’asséner une leçon de musique, ça ne se voit pas. Détaché, il exécute sa prestation et livre un bon mix de très bon producteur. Tracklisting heavy-rave/newstyle impeccable (Placid K, Armageddon Project, Ophidian), technique orientée façon reséquençage des tracks, c’est vélléitaire et bon, quoique terni par l’impression que Promo l’incompris a un compte à régler avec le public.

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Randy @ Hardcore Extremis

Randy est là pour assainir les bilans, purifier les comptes et dératiser le grenier. Bonhomme et fringant, il débloque l’ambiance dès le premier morceau et s’apprête mine de rien à balancer un mix d’anthologie. Affûtant ses phases, il durcit franchement et se ballade entre sonorités métalliques de morceaux dépouillés et synthés phat chargés en émotion. À 200 BPM, si la musique est bonne elle donne dans le hard ; assénant d’une technique bestiale un mix retournant le dancefloor qui n’en demandait pas tant, Randy sautille derrière les faders. Ça gifle, tout le monde en prend pour son grade, c’est parti pour l’acte gratuit. Le sacrifice du peuple en Lonsdale est en marche. La finesse de la musique contraste avec la musicalité de ses formes ? Pas grave. Un couple de saltos tournés avec brio rétablit le contact : ce soir, Randy est un roi orgiaque exigeant allégeance. En roue libre, il passe au mix sur CD et fait oublier de menues délicatesses de calage via un crescendo confinant au delirium platinens. Le dancefloor vacille, les regards se cherchent, les mines hésitent entre sourire et grimace : un méchant core vient de tourner la vis aux petits clous en transports.

Vince (moitié de Shadowlandz Terroristz) prend la suite, ce dont personne ne songerait à l’envier, le dancefloor ayant cette tête de mal réveillé s’étant pris une baffe avant d’avoir ouvert les deux yeux. Quelques hésitations viennent même se nicher entre deux equalizers - mais l’efficacité dans la finesse (ou l’inverse) chers à Vince rétablissent la balance. Scratches secs, mise en boucle de séquences d’un disque à l’autre, superposition-enchaînement des deux mêmes morceaux, phases percutantes et millimétrées, salvatrice progression dans une très personnelle échelle de la dureté, ce sont bien des plans savoureux qui sont servis à un dancefloor regonflé par telle alliance de maîtrise et de fraîcheur sur lit de hardcore hollandais versant bon goût (de fruit). C’est donc dans la satisfaction la plus souriante que le public reprend place dans le train fantôme partant dans quelques loopings dont les sub-bass constituent les limites. Car entre aigus picotants, mediums contraints et basse étirée, l’équalisation du sound-system joue clairement l’option de l’efficacité primaire, quitte à ce que le volume enflamme les tympans et que moult breuvage soit nécessaire pour compenser les coups de chaleur d’une foule incitée à la sauvagerie par tant de finesse mixée.

Quoi de plus logique donc que Drokz se chauffe par quelques pitreries scéniques avant de prendre les platines. Les dancefloors essorés sont son plaisir. Débutant son set avec son Rebelscum 11, il se lance dans le tournicotis d’une chatoyante roue libre, où quand avant qu’Akira le rejoigne pour un ping-pong il pratique 30 minutes de 240 BPM crasseux et dépenaillé. Suivront des plans bam-bam-bam piétinant les restes.

Dehors, sous le pont à la sortie de la salle, une dizaine de party people est groupée devant des bougies allumées, quelques fleurs et de petits objets. Au bas du pilier dominant le fleuve, quelques banderoles dont la plus grosse porte l’inscription « We miss you » ont été accrochées. C’est un mausolée à la mémoire de Three Steps Ahead.
Hardcore Extremis 1 ? Un bon gros paquet d’énergie... Do it the dutch way !
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Dronnzz

Site web : http://www.u-h-m.nl/

 

  Publication de l'article :
 
Novembre 2003

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