Repéré depuis le magnifique Strike 666, Raw State continue les apparitions rares, ce qui ne veut pas dire que les signes reçus de l’Allemagne ne soient pas encourageants. Secondé ici par un sample de Joe Pesci (qui pourrait se payer des villas s’il touchait des droits sur tous les morceaux utilisant sa voix), il fait le coup de la variante de la recette connue. A savoir, le jeu sur la synchronisation - désynchronisation de pièces rythmiques dont les articulations forment le squelette du récit. Pas de couplet-refrain, mais plutôt les enchevêtrements d’un hardcore industriel relevé d’un synthé acide, tout cela crasseux à souhait, suffisamment sans queue ni tête pour avoir l’air suffisamment underground. « Shit Kickin », donc, a presque la gueule d’un évadé du Drop Bass mid-90’s, laissant à la fraîcheur ce qu’il gagne en hargne - Joe Pesci aidant, histrion dont les « Fuckin’ » tartinent la moitié du track.
Quant à I:Gor et son « Technika », ça avoine quelques bpm plus haut et ça se cache pas vraiment de lorgner sur les premiers Cunt, référence il est vrai en matière de hardcore cramé. Soutenu par un son légèrement moins mauvais que sur la face Raw State, I:Gor fait en effet rappliquer une boucle blanche dont la texture zombie et l’attaque acérée tronçonnent allègrement les connexions synaptiques. Il est évident que cela fait part de quelque danse dans la cendre autour d’un totem calciné par un soleil pas sûr lui-même de savoir ce qu’il fait là, mais cela suffit à donner vie à ce genre de révérencieux exercice, à qui l’on ne saurait reprocher de rappeler le Cunt des débuts (une sorte de promesse pas assez tenue, histoires d’explosions en vol, tout ça).
Dronnzz