Poncif journalistique : « il est inutile de présenter Iszoloscope, tant son apport dans le domaine de l’industriel rythmique et de l’ambient est maintenant réputé sur les cinq continents ». Fin du poncif. On peut l’écrire et le croire, et pourtant lorsque démarre « Le mécanisme du hobereau », premier morceau de ce split, le premier sentiment est celui d’une grosse surprise. Deux bonnes minutes d’introduction ambient, jusqu’ici tout va bien, puis le morceau débute. Grosse claque. Là où l’on s’attendait à de l’industriel carré et tout ce qu’il y a de plus classique commence un morceau dont l’esprit rave est indéniable. Un bon gros beat 4*4 ravageur, une basse tournante profonde, entrez dans le hangar messieurs dames, que la fête commence !
Pourtant, limiter ce morceau à de la techno rave serait indigne même d’un chroniqueur made in Universal Music Press Department. La nappe est là, implacable, rappelant ce que les frères Healy (Somatic Responses, pour les neurones défaillants) ont pu faire de mieux. Rajoutez à cela des percus break indus, et voilà la recette (digne de la défunte rubrique Cuisine du forum de votre webzine préférée) pour un track des plus passionnant sortis dans le genre depuis des siècles (enfin, depuis le siècle dernier). 11’47’’ de pur bonheur.
S’en suivent deux autres morceaux du jeune canadien (jeune mais certainement pas padawan), également fabuleux, également surprenants. « Sighs National Park » tout d’abord, mélange de bruitisme façon Zhark Berlin et d’un break indus du plus bel effet. Ca grince, ça vrombit, ça drill. Tout ce qu’on aime. Suit un « In The Other Mind Of Us » plus carré, mais tout aussi excitant.
Nouveau poncif journalistique : « On pourrait penser que partager un split avec Iszoloscope, à fortiori lorsque l’on ne jouit pas de la même renommée, tient de la mission impossible ». Fin du second poncif. Bien. Maintenant, imaginez un artiste qui intègre dans sa musique tout ce que Zhark Recordings Berlin a pu faire de mieux. Secouez bien et vous obtiendrez Ebola. C’est lourd, puissant, plein de graves sursaturées. La progression est lente, jamais complexe mais amenant toujours plus d’intensité à chaque morceau. Vous vouliez de l’indus, vous voici servis. Et maintenant, vous comprenez sans doute pourquoi ce split est indispensable.
Tracklisting :
1 Iszoloscope Le Méchanisme Du Hobereau (11:47)
2 Iszoloscope Sighs National Park (5:36)
3 Iszoloscope In The Other Mind Of Us (Opened-Mix) (5:47)
4 Ebola Cut Off (7:34)
5 Ebola Convert (6:50)
6 Ebola Klikass (5:34)
Zetschai