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Jean Bach

 

Un morceau sur une compilation Fischkopf l’a révélé au public pointu de la techno hardcore. Jean Bach, de son vrai nom Sascha Schierloh sort régulièrement des disques sur différents labels, en particulier la série des Little Brutal Rave Bastards sur Dhyana Records. Jean Bach produit une musique radicale dans sa forme, mais dans laquelle la drôlerie est au premier plan. On pense par exemple au 7’’ sur Dhyana records (Hit Mix)..
Cet humour se retrouve dans les conversations avec lui, qui sont toujours des franches parties de rigolade. Sa modestie en fait un personnage attachant, roi du tripatouillage, découpage, massacre sonore, ce qu’une certaine presse bien pensante daigne appeler un « bricoleur de génie », mais que nous appelerons artisan de la musique, avec toute la noblesse que contient cette dénomination.

OlgaZzz est allé chatouiller Sascha pour vous.

Signal-Zero : Peux tu te présenter et décrire brièvement ton parcours musical ?
Jean Bach : Hé bien, je m’appelle Sascha, j’ai 28 ans, et je vis à Augsburg dans le sud de l’Allemagne. J’ai commencé à bricoler en 1988 avec un petit Casio-Samplekeyboard en utilisant des morceaux d’italo-disco et de new beat comme matériau de base. En 1996 j’ai acheté du « vrai » matériel et mes projets appelés Jean Bach, Bidol Cath, Rgyueu DF etc... sont nés (voir la discographie en fin d’interview).

S-Z : Donc tu n’as pas sorti de E.P. sur Fischkopf, juste le morceau « Tausend Stimmen » sur la compilation ?
J. B. : Exactement. Hardy a cessé Fischkopf pour des raisons dont je ne souviens plus et commença Blut. Sur ce label j’ai fait un split avec Ad Absurdum.

S-Z : Comment sont les scènes techno hardcore et IDM dans ta région ? En fais tu partie ? Quelle est la situation générale pour les musiques « difficiles » en Allemagne ?
J. B. : Je ne connais aucune ds scènes... Je ne suis même pas capable de dire ce qui est « cool ». Mais, bon, je trouve que Donna Summer, ou Knifehandchop le sont. Je n’appartiens à aucune scène, à mon sujet je parlerais plutôt de participation ou de contribution, pour autant que cela ait un sens.

S-Z : Il est clair qu’on se fiche complètement de ce qui est « cool » ou pas. Le sens de ma question étant de savoir comment tu interagis (si tu le fais) avec d’autres musiciens de ta région ou plus éloignés. Par exemple, comment en es tu arrivé à être impliqué dans un projet comme « Le Restaurant » ? Et aussi, y a-t-il des endroits ou des clubs qui diffusent la musique qui te plait dans ta région ?
J. B. : « Le Restaurant » était quelque chose de spontané. Bernd (NDLR de Dhyana Records) m’a envoyé un mail le matin pour le soir pour aider à faire le live de son groupe, Deep, à Augsburg parce que l’autre membre du groupe était malade. J’ai accepté, et programmé mes samplers. Ce qui devait être une soirée dans un club un peu pourri s’est transformé en le meilleur concert que j’ai fait : secouer 30 punks qui étaient venus pour écouter un groupe de punk croate. Mais, comme tu peux l’entendre sur la bande son d’ambiance du CD, ils furent vraiment sympathique. Pour moi Bernd de Dhyana Records et la personne la plus intéressante et aussi la plus importante que j’ai rencontré dans la musique. Il a une capacité à dire « je m’en branle » qui me fascine. En ce moment je travaille (avec une personne littéraire) sur un projet de pesudo-live pour le projet Leprozid Pfarrhaus que tu connais peut-être. Ici, « créer » signfirait avoir des croix à l’envers dans le dos, crier des phrases inversées provenant d’un magazine de télévision finlandais et faire tourner des boucles au séquenceur sans variation.

Et sinon oui il y auqelques endroits pour sortir dans le coin mais je ne pense pas que le détail des noms intéresse tes lecteurs.

S-Z : Oui je connais Leprozid etc..., également Leprozid StrickPfal sur Blut (le split avec Ad Absurdum). A part la rigolade, ces pseudonymes ont-ils un sens ?
J. B. : Oh non ils sonnent bien et sont sympathiques à regarder.

S-Z : Puique tu parles de Dhyana Records, peux tu nous en dire un peu plus au sujet de ce label, qui n’a pas l’air d’être exclusivement orienté vers la « techno » ?
J. B. : Je crois qu’ils ont du commencer vers 1995, plus dans le style rock indépendant. J’ai rencontré Bernd en 1997, en cherchant un disque culte de Death Metal. Je travaillais alors pour un journal minable dans lequel je faisais une rubrique Death Metal appelée « Trashpussywimpshit ». Il m’a demandé une démo et cela aboutit à ma première sortie sur Dhyana, le 7’’ Hitmix. (NDLR : Pour plus d’infos sur le label cliquez ici : http://www.dhyanarecords.com)

S-Z : La série des « Little Brutal Rave Bastards » est également sortie chez Dhyana, mais à chaque fois avec d’autres labels. Le premier volume était aussi étiquetté « Intrauterin ». Maintenant tu as ton propre label, mais tu continues la collaboration avec Dhyana pour la série. Dis nous en plus au suket de ce label, est-ce qu’il sera réservé à l’autoproduction ?
J. B. : la dernière sortie disponible (Vol. 3, 320 exps., distribué par Possiblemusic/Berlin), contient des morceaux de deux amis de Hamburg (Panzer, ATC666), Anal Penetration des Pays-Bas et Jbible des Etats-Unis, avec en plus mes contributions habituelles sous mes pseudonymes Bidol Cath, Rgyeue DF et Carpet Cunt Tango Ensemble. Le « concept sonore » du « label » est de la techno minimale comme les vieux Bunker ou Universal Indicator, le grindcore/death metal et le bruit bizarre. Je suis ouvert auc démos pour un éventuel Vol. 4. J’aimerais aussi sortir Lymphatic Phlegm et Olga+Jozef sur celui-ci.

S-Z : C’est l’heure de la question stupide. Qu’est-ce que tu aimes comme musique ?
J. B. : Bon, le plus simple est de faire une plongée dans ma discothèque et de donner des noms dans le désordre : Silent Circle, C.C Catch, Amnesia, Lasgo, Entombed, Dismember, Darkthrone, Grave, Cemetary, Carnage, Universal Indicator Series, Project Pitchfork, Michelle, Kristina Bach, Deine Lakaien, The Hypnotist, Sweet Exorcist, Laserdance, Genocide Organ, Motorpsycho, Roxette, Tanja Jonak, Beverly Hills 808303, Rude 66, I-F, Luv’, Klinik, Knifehandchop, AFX, Fancy, Mentallo & The Fixer, Bivouac, Sandra, Todd Terry, Confetti’s, 4x Sky Juice, Cyber People, Radiorama, Black Rose, Las Ketchup, Juanes, Inka, Masterboy, Atahualpa, Jack n Chill, Asphyx, Bazz, Cold Sensation, Mr. Lee, Together, RJs Rule, Rhythmatic, Rhythm is Rhythm, Derrick May, Clock DVA , Unit Moebius, Noodles Discotheque, Thomas Krome, Olga + Jozef, Best Of Italo Disco, Savage Garden, Karaja, Anal Penetration, Claudia Jung, Indochine, Partenaire Particulaire, Sandy Marton, Dead Or Alive, Information Society, Kode IV, Celebrate The Nun, Bobby Brown, At The Gates, Esplendor Geometrico, Autechre, Fragma, Curve, Lymphaticv Phlegm, 2 Brothers on the 4th Floor, Impaled Nazarene, 16 Bit, V/VM, Max Mix, ....

Aussi, Bernd m’a passé des disques français que j’ai vraiment aimé : une compilation 12’’ de chez Byteburger, Night on Earth 1+2, de la musique electronique populaire, du nu tango, du dub, des sons orientaux...

S-Z : L’humour joue un rôle important dans ton travail.
J. B. : Ouais. Même un disque comme « Go Train Go » sur Stichting Mixer qui fut reconnu comme une pièce industrielle sérieuse était de l’humour à la base. Avec mes collègues de travail (NDLR : J. B. travaille à l’équivalent Allemand de la SNCF), on avait trouvé amusante l’idée de faire un disque en utilisant des bruits de trains.

S-Z : Bien sûr, mais si l’aspect humoristique est évident dans la manière de faire ta musique, il n’en reste pas moins que le résultat sonne finalement assez mental ? Et ton album sur 555 Records illustre les deux aspects. D’un côté on y trouve des remixes de Propaganda, et de l’autre des « paysages sonores » "Der Neger Hat Meine Fahrkarte Aufgefressen", qui sonnent presque « intellectuelles », même si ici le titre est loin d’être sérieux. Est-ce que c’est une dualité consciente (si on admet, en bons ploucs, qu’il doive y avoir une dualité entre s’amuser et être intellectuel) ?
J. B. : Cela vient de ce que j’aime des tas de choses différentes que beaucoup de gens ne connaissent, ne remarquent pas, ou dont ils se moquent tout simplement. J’ai l’impression par exemple, avec mon travail sur l’italo-disco, d’avoir transformé de la merde en quelque chose d’acceptable pour pas mal de gens. Et pour faire des effets intellectuels comme dans "D.N.H.M.F.A", il suffit de quelques boites de bière allemande de base (astra ausse dose von uschi), de lire un magazine de branleur (praline) et d’une bonne réverbération (zoom studio 1201 - 3 plate/11 tunnel). Au passage cet album est un projet décevant, parce qu’il est très mal distribué. Il n’y a même pas de distribution en Allemagne je crois... Mon prochain album devrait s’appeler "Trashpussywimpshit Compil", si jamais je trouve un label intéressé. Si ça pouvait être Tigerbeat (qui est très à la mode) ou Irritant, ce serait bien. Ou Omeko au Japon. Le mot « Compil » est un clin d’œil à mes fans Français. Vous semblez dire plus « compil » que « sampler » ou « compilation » .

S-Z : Comment fais-tu ta musique ? Quelle matériel et logiciel(s) utilises tu ?
J. B. : J’utilise beaucoup de matériel et de soft. J’ai commencé avec le petit sampler SU10 de Yamaha et une Roland TR-505 ou u Alesis MMT8 comme séquenceur. J’adorais faire saturer l’entrée micro d’un magnétoscope VHS ou utiliser l’effet de clipping qu’on obtient en envoyant du son à travers un vieux poste radio stéréo plein de poussières du temps de nos parents. Ou pareil avec une vieille table de mixage Vivanco. Aussi j’adore utiliser le minidisc pour boucler, couper, sampler. J’ai aussi un Roland Juno-106 et une boite à rythme Yamaha RX-7 (que j’ai rachetée vraiment pas cher pour 60€ sur Ebay !) et j’aime vraiment tripoter le hardware dans tout les sens. En matériel moderne la Korg Electrobe S est vraiment bonne (surtout les effets !). En soft j’utilise Acid, Fruityloops, Reason, Soundforge et Rebirth. Si quelqu’un du étier voyait comment je fais un morceau de Jean-Bach, il dirait : « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ».

S-Z : Tu t’amuses bien pour faire tes sons, et donc tu utilises beaucoup es choses pour des utilisations pas prévues. Que fais tu avec le Juno-106 ?
J. B. : J’ai craqué parece qu’il n’était vraiment pas cher (200€). Pour le moment je l’ai juste utilisé pour faire une séquence dans un morceau que j’ai fait pour le groupe américain Rose For Bohdan (ou bien R4B). Mais je n’ai ps encore beaucoup d’expérience avec lui.

S-Z : Quelles sont tes sources de samples, mis à part les programme de télévision bas de gamme ?
J. B. : Les programmes de radio bas de gamme, les trains, mes amis, voisins et collègues, les groupes américains de d.i .y., les CD’s de promotion du Parti Socialiste Autrichien, des gens français..

S-Z : On entend bien dans tes morceaux que tu ne cherches pas à faire le gros son hardcore qui tabasse. Tu appelles ça « Over the edge dancemusic for non existing dancefloors »
J. B. : Oh oui c’est une brilliante citation de Frans de Waard qui écrit la newsletter Vital (Staalplaat). Il en créé une autre appellation du même genre : « Essential disco stuff here if you’re out to ruin a good party ».

S-Z : Quels sont tes projets musicaux pour l’immédiat ou pour plus tard ? Tu penses faire quoi de ton label ?
J. B. : J’ai des projets dont je ne préfère pas parler pour le moment. Cela fait un moment que je n’ai pas fait un morceau convenable qu’on pourrait sortir. En ce moment je bricole pas mal les sons et les machines, mais sans vraiment composer. Je pense à confier la promotion de mes disques à un spécialiste (pourquoi pas Dense ?) parce que je déteste dépenser de l’argent à envoyer des promos et faire des pipes aux journalistes pour pas grand chose. En ce moment, Possiblemusic met mon label en avant comme étant cette série de disques avec des morceaux sombres, pointus, et bruitiste, avec des connotations comme « In memories of Bunker, Unit Moebius and many more... » ou « Attention !! Limité à 300 exemplaires !! » ce qui me fait grimacer de fierté. Le Vol. 4 devrait être dans la même catégorie.

S-Z : Tu sembles avoir des difficultés à distribuer ta musique. Ce qui, vu de France, semble bizarre parce qu’ici nous avons l’impression que la scène allemande hardcore et assimilés est bien plus ouverte, ainsi que les distributeurs.
J. B. : C’est simplement que ma musique ne fait pas partie des choses qu’ils poussent ; c’est juste mon problème à moi, pas une question générale.

S-Z : Donc tu es loin de pouvoir vivre de ta musique.
J. B. : Oh oui très loin, mais cela n’a jamais été mon but. J’aime juste faire ça, tripoter mon équipement, faire des samples et des séquences, créer une musique que j’achèterais si il y en avait en vente. J’aime aussi faire des jeux de mots pour les titres et les pseudonymes. Sans eux, je trouve que plein de sorties de Jean-Bach seraient ennuyeuses.

S-Z : Je te laisse les derniers mots.
J.B. : Je t’embrasse très fort !

DISCOGRAPHIE DE SASCHA SCHIERLOH (JEAN BACH)

-Format/Artist-Titel/Label (CB)=Contribution à une compilation.
- C90 Tape/Various-Trashpussywimpshit-Compilation 1/Eigen 1997
- C90 Tape/Various-Trashpussywimpshit-Compilation 2/Eigen Trashpussywimpshit
- DoppelLP&CD/(CB)/Various-Otaku-Slick but not streamlined/Fischkopf Track : Jean Bach-Tausend Stimmen
- 7"/Jean Bach-Hit Mix (Zeit für Zärtlichkeit)/Dhyana 1998
- C 60 Tape/Various-Best Of ZDF/Dhyana
- Promo-Item/Mama Yentafo Noodlesoup
- C 80 Tape/(CB)/Various-Schmoll Compilation/Dhyana Track : Genoveva DMS-Big Hit(Great Record by the way)
- Doubletape/Various- TPWS-Compilation 1+2 (the re-issue of 180 minutes of pure trash commerce/Scrotum 1999
- 12" LP/Jean Bach-Einen Traum für diese Welt/Dhyana
- Promo-Item/Fit n’ Fun Ball Trainingsvideo
- 12" LP/(CB)/Various-We don’t care about the haircut-A tribute to Nik K./Dhyana Track : Jean Bach-Dancing Girls (Quiche Quiche Mix)
- 12"/Vendetta Vol. 2 (Split : A : Leprozid Strick/Pfahl, B : Ad Absurdum)/Blut
- C30 Tape/Jean Bach-Discotheque, Ah !/ Like A/An Ever Flowing Stream
- 12" LP/(CB)/Various-Human Error Vol. 2/Appareil Track : Jean Bach-We won’t contribute (Vermeintlicher UFO-Spuk zerrütelt die Gemeinde)
- CD-R/Stahldrahtbürstenmix/Neuf Noir Split : Jean Bach/Xotox/Mortobello Steril etc.
- CD-R/(CB)/Various-Neuf Noise Vol. 1/Neuf Noir Track : Anti-Zen - Fuck Whitehouse
- CD-R/(CB)/Various-Kulturelle Melodien Vol. 2/Appareil Track : Rgyeue DF-Somatic Responses
- CD/(CB)/Various-You gotta get more alive-A 555 Recordings Compilation/555 Track : Clohydris Diepholz-Verbrecherjagd Pt. 1 (Trachtendieb/Wer hat die Weinkönigin bestohlen ?) 2000
- 7"/Jean Bach-Jean Sans Le Playback (Mais avec les autres)/555
- 12" LP/Various-Little Brutal Rave Bastards Series Vol. 1/Dhyana
- CD/(CB)/Various-Chihuahuas and chinese noodles/555 Track : Jean Bach-Furuftuta’s Theme (Melodie und Schlag Mix by Accelera Deck)
- 12" LP/Jean Bach-Shooting Star/Playmade
- CD-R/(CB)/Various-The second anniversary compilation/Ouzel Track : Jean Bach-Bleed for me
- 12"/Go Train Go !-Go Train Go !/Stichting Mixer 2001
- CD/(CB)/Various-Irritant Number Nine/Irritant Records Track : Dancemix 1996
- CD/(CB)/Various-Meow12/Tigerbeat6 Track : p-mechccjoymx
- CD/(CB)/Various-Bubble Bunny Music/Schneetreiben Track : Intimus
- 5"/Jean Bach-we have never been clickncuts (haven’t we ?)/Dhyana 2002
- 12" LP/Various-Little Brutal Rave Bastards Series Vol. 2/Dhyana
- CD/(CB)/Various-Blackbeans Dirty Little Secret-Compilation/BBPTC Track : Agaric and Bhab - CD/(CB)/Various-The adaadat Trade & Distribution Almanac Vol. 1/adaadat Track : Colder than ice
- CD-R/LE RESTAURANT-Le Restaurant The First Time/Forum Records
- CD/(CB)/[influx3]/Neuf Noir Track : Each cumulative piecing 2003
- 12" LP/Various-Little Brutal Rave Bastards Series Vol. 2/Dhyana & Little Brutal Rave Bastards Records
- CD/Jean Bach-Smugglers Downloading Genoveva DMS Tapes/555



klem

Site web : http://www.littlebrutalravebastards.de/

 

  Publication de l'article :
 
Eté 2003

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