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Jensen & Lowtek

Jensen & Lowtek - Black Moon Rising - Industrial Strenght 052

 

Artiste : Jensen & Lowtek

Label : Industrial Strength

Titre : Black Moon Rising

Référence : ISR052

Format : 2X12"

Lenny Dee est encore dans sa phase retour, mais pas encore éternel. Troisième double EP de la période renaissance d’Industrial Strength, cet IS52 aurait pu rester simple. Jensen et Lowtek viennent donc faire passer leur techno lourde ainsi que leur core lesté aux rayons gamma des oreilles du parrain, celles qui gardent le groove (Lenny Dee, vieux funkster) et laissent le marqueur temporel au bord de la route.

Disque 1 : « Black Moon Rising », presque cru tant la rythmique véloce se dépouille vite de sa boucle introductive, un rien obsédante. Nerveuse et asséchée, cette hard techno émet des signaux des plus classiques, n’était-ce ce projeté de kick façon bébé contre le mur. Pas de break, peu de variations déchirantes, le deep promis par le titre est au rendez-vous.
« Original Ruffneck », breakbeats et volutes vocaux à l’appui, est un peu effondré sur sa dynamique en creux et échoue dans l’impasse des fréquences aplaties. Monocorde ou pas fini ? Intérêt léger-léger.
Dans la veine des one siders aux démonstrations narratives, « Human End » rentre progressivement, long en course, annoncé par des chœurs liturgiques et une nappe grave de Yahvé pas content Yahvé. Les boucles flangées déferlant sur ces inquiètes contemplations stipulent des alinéas acidcore oubliés depuis 1996, tiens. La verrerie est investie et c’est sur la longueur d’ondes du rippage crissant que les récits de jugement dernier (pas les premiers dans le genre musical qui nous préoccupe) s’entortillent autour d’une basse hélas trop sourde. Ce petit 190 des familles raconte la dernière vie du flanger avant l’anté big bang (celui de la fin) et comble le fan de space operas et/ou d’heroic fantasy planqué quelque part en chaque amateur de hardcore (toute dénégation est inutile).

Disque 2 : ça tape plus. « Ruff N Dirty » distort et vrille l’aigu avant de l’empiler sous les roulements et autres caisses claires guerrières. Janséniste ou fruste, claironnant un méthodisme de serial tapeur au point que dans les dernières mesures un monsieur angoissé émette un cri soulignant qu’il a vacillé sous les coups en boucle.
« The Ultimate » pique aux dents. Les lasersynths et autres montées en tricots d’araignée serpentent parmi les treillis d’une méchante cage rythmique. Secondée d’un séide bouclé planqué derrière son épaule et prêt à cueillir icelui escomptant s’échapper de ce cratère fulminant. Là encore, du classicisme dans sa version veloutée.

Autre one sider, « Memories Of Heaven » (Yahvé, tout ça) défriche dans l’austérité. Sub-bass, plaintes aigues, voix féminine : « I’m ready ». Et c’est parti ! Euh, pour où déjà ? C’est l’autoroute un certain temps avant qu’effectivement la sub-bass du début n’entre en contact avec des chœurs célestes, genre le vaisseau atterrit devant des californiens bouche bée - yeux en soucoupe réunis et filmés par Steven (Spielberg). Puis rekick et sirènes, tout ça.

S’en serait-on tiré avec la bonne moitié de ces morceaux et un son moins canalisé (quelque malédiction semblant s’être abattue vers le pressage) qu’on aurait eu un maxi éclatant. Là, c’est juste un bon double, juste pas indispensable. On aurait aimé dire mieux.



Dronnzz

Site web : http://www.industrialstrengthrecords.com/

 

  Publication de l'article :
 
Juin 2004

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