Un jour nous finirons bien par vous lâcher avec Crossbones et ses sous-labels. Mais pas avant d’avoir évoqué le Rave Frontier 5. Car cette plaque, segmentée en quatre déploiements de space marines sur quelque planète hostile, renferme ce que les Anglais ont produit de plus tenace depuis l’arrêt de Last Tomorrow. Pour deux tracks.
« Last Tomorrow » c’est d’ailleurs le titre du premier morceau. Après l’ouverture à base de samples archéologiques déterrés du coté de Francfort, vlà l’riff de belgian hoover martial, ascendant, qui hérisse les poils. Des sons filtrés et pas PC, une synthbass qui joue les monstres du placard, ce putain de groove militaire...Le cirque habituel, mais efficace comme rarement. La tekkno de Kenny Kramp est toute entière pensée pour les gros sound systems. C’est cru, basique, straight-rave. Passé dans les bonnes conditions, on touche à l’essentiel.
« Kenny’s Bitches (Face Hoover rmx) » et « Just a beat », c’est du X-bones de base. Synthéfanfares midtempos pour faire guincher les roboscans.
Mais voici que le diamant accoste un nouvel anthem en puissance : « Donkey Dust ». Le marteau brise-vitre qui permettra au deejay de sonner l’alerte rouge. Une sensation d’urgence porte tout le morceau, surtout grâce aux sirènes/synths qui chantent quelque chose comme le réveil imminent des anges nucléaires. Un rush à 150 dans l’ambiance du monstrueux « E-ville » de Miro. Un peu comme si la planète était sur le point d’être enfin débarrassée de nous autres petits bipèdes parasitiques, et qu’en attendant nous dansions.
Ce n’est plus de l’ersatz de PCP, mais plutôt un nouvel avatar de ce que la musique for huge space arenas peut cracher de plus implaccable pour un début de party. Et puis il y a ce coté doomcore coupé à la techno belge...
Dr Venkman