La sortie numéro 23 (qui n’est pas la vingt-troisième, le catalogue comportant des trous) du label Hangars Liquides est aussi une première : c’est à la fois le premier CD et le premier DVD du label.
Le DVD, comporte 3 grandes parties. D’abord, une rétrospective d’anciens morceaux remixés et retitrés pour l’occasion. Par exemple Jubilation des rustiques du Hangars Liquides 005 devient La caravane du four de trance après un passage mémorable par une Paradoxical jubilation ralentisseuse, et se voit agrémenté d’une video fort pastorale. Les deux faces du Hangars Liquides 013 se fondent en un superbe Les chevaliers firent tourner les tables. De même Jouissance de la banquise stratosphérique et Wide sierra de metal trippé, du Hangars Liquides 03 se fondent en Les marches de la rédemption.
Un vrai bonheur, une « Rétrospective plaisir », dirait d’un ton solennel un « vrai journaliste de la vraie télévision ».
Suit la partie intitulée Rupture, avec uniquement des films. Attardons nous sur ma pièce préférée, Beta nous propose une éxploration électroacoustique sur des gros plans de fissure plus ou moins minérales. Des Neurones fossiles se gravent dans la fovea du spectateur qui se laisse emporter par les longs plans séquences. La musique est proche de celle des pièces électroacoustiques du CD dont nous parlerons plus bas.
La partie Perspective est à mon avis la plus réussie de ce DVD. Ici, musique et images forment réellement un ensemble. Avec un coup de caméra ma foi tout à fait « dogmatique » (non revendiqué par la cinéaste), on explore ici un univers de désolation, avec des sons cristallins révérbérés si longuement qu’on en perd la perception du volume qui nous entoure.
Et si la morbidité des images de Beyond the D Sides peut brièvement abuser, on culmine en intensité avec « Maieutikê ».
Dans ces pistes, les orgines hardcore de La Peste sont évidemment présentes. On a ici affaire a des sons amples qui descendent très bas dans le grave, avec un effet très visuels de la musique, qui se suffirait à elle-même. Nous sommes très loin de l’ascétisme d’un David Tudor par exemple. Le métissage sonore ne va pas toujours se loger où on veut nous le faire croire...
Cela se ressent également dans les pièces électroacoustiques du CD (et du DVD), paysages sonores en développements riches en détails en apparence anecdotiques et insignifiants, mais pourtant constitutifs du tout. Chaque son est extrèmement soigné. Toutes les trois pièces (Il y a, Les sables émouvants et L’âme des réacteurs) sont très belles, en particulier la dernière. L’eau c’est l’inconscient et il est bon de l’explorer parfois. Prenez un billet et en voiture.
Au milieu de cela se love WTC .XTC, véritable Ourobouros dans toutes les lectures possible du symbole. Un rythme pulsatoire et obsessionnel qui tourne sur lui-même tout en se régénérant. Une respiration perpétuelle, une richesse de sons lisses qui s’enroulent et se tressent, évènements sonores instantanés, luxe de sons pour une construction circulaire, mandala obsessionnel et onirique. Rien que pour ce morceau, le disque vaudrait la peine.
Contenu des disques
CD
1-6 : il y a
7-33 : wtc.xtc
34-35 : les sables émouvants
36-44 : l’âme des réacteurs
DVD
1 : Retrospective
2 : Rupture
3 : perspective
OlgaZzz