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MOH – The Warrior Elite - 16/02/2008 - Den Bosch (NL)

 

Le hardcore hollandais dans sa jouissive démesure : cinq salles dans le Brabanthallen de Den Bosch (un charmant parc des expositions tout en hectares de tôle) pour une orgie de 25000 personnes. MOH joue avec les codes d’une mythologie rêvée (le « Warrior » du nom de la soirée renvoyant à une époque où les différends se réglaient à coups de glaive), ce qui vaut que dans la salle « Early Hardcore Legion » la scène soit encadrée par des haches à double tranchant de six mètres de haut.

MOH – The Warrior Elite

Den Bosch 16.02.2008

Le hardcore hollandais dans sa jouissive démesure : cinq salles dans le Brabanthallen de Den Bosch (un charmant parc des expositions tout en hectares de tôle) pour une orgie de 25000 personnes. MOH joue avec les codes d’une mythologie rêvée (le « Warrior » du nom de la soirée renvoyant à une époque où les différends se réglaient à coups de glaive), ce qui vaut que dans la salle « Early Hardcore Legion » la scène soit encadrée par des haches à double tranchant de six mètres de haut. Dans la salle hardcore principale (« The Hardcore Warriors »), les DJ jouent dans la gueule béante du logo MOH, riante représentation de 12 mètres d’envergure d’un crâne de bouc sataniste – l’affaire est sérieuse. Ambiance bon enfant à Den Bosch ce soir. L’heure d’attente à l’entrée permet à toute cette sympathique foule de terminer sa montée dans la chaleur humaine. Tiens, un jeune fêtard tourne de l’œil. Tiens, des français en treillis grillent la queue pour négocier une entrée à l’amiable. Tiens, une pub pour l’album d’Angerfist tourne en boucle sur un écran géant au dessus de l’entrée.

Cinq salles (« The Hardcore Warriors », « Underground Squadron », « Early Hardcore Legion », « Ancient Rulers », « Future Stormtroopers ») donc, de proportions à peu près équivalentes – la salle hardcore contenant quand même quelques milliers de personnes de plus que les autres.

Le toujours très attendu Marc Acardipane lance son live. Rien de nouveau à espérer : les tubes qu’il enchaîne sont les mêmes depuis toujours. Que du mythique à attendre donc. Mais, là où le père de la rave allemande peut parfois enchaîner les « Stereo Murder » et autres « 6 Millions Ways To Die » dans la dignité (enchaînements fluides, séquençages germaniquement raides, impros réjouissantes), il peut aussi saccager dans l’aisance. Cette nuit, il est aidé dans cette dernière entreprise par The Ultimate MC, omniprésent. Chaque morceau est lancé dans le désordre, recouvert par les invectives de l’ultime MC, sans qui raiser les hands serait plus facile. Il était dit que chaque morceau serait interrompu en son milieu, et que toute la prestation du Maître serait placée sous le signe du coïtus interruptus. Le dancefloor réagit au quart de tour au moindre synthé echappé des Cold Rush de 1993, le naufrage n’a duré que 30 minutes. La soirée peut commencer.

Dans la salle « Underground Squadron » Manu le Malin joue un indus abstrait et sombre, et Radium joue frenchcore. La salle Early est vide après le passage de Buzz Fuzz vs Dano, au ping-pong paresseusement articulé (pas la première fois qu’ils jouent ensemble mais bon). Pavo s’attaque à un set rave coulé, hypnotique, dansant, premier degré. Frais. Sélection rave et grosse techno 91-96 menée avec décontraction. Pavo assène un drive festif métronomique, la montée est douce. La salle se remplit, des groupes se forment. Dans ces circonstances, trouver là des hollandaises trentenaires ravissantes s’explique : c’est le feu d’il y a quinze ans qui leur irradie le cerveau. Dans ces circonstances, trouver là des hollandaises de 20 ans trrrrrrrès court vêtues s’explique : elles sont venues faire la fête comme les autres. A la fin du set de Pavo, il y a 2000 personnes de plus dans la salle. Danse.

DJ Rob & MC Joe, attention. Si d’aucuns accusent DJ Rob de préparer ses sets, il reste que cette nuit, il fera la démonstration de la puissance de feu du DJ en tant que rave commander. Oui, tracklisting parfait balancé dans un ordre idéal. Oui, structure des enchaînements ordonnée par le feedback avec le dancefloor. Complicité et partage (si). Là-dessus, un MC Joe tout à son affaire : espaçant les interventions vocales, il arpente la scène en scrutant le dancefloor. Revient vers DJ Rob pour lui désigner les ravers les plus réceptifs. Invite les plus expressifs à crier leur enthousiasme. Adresse de discrètes révérences aux danseurs les plus valeureux. Bien sûr, il y a de la roublardise dans l’activation de tout ce cérémonial aux succulentes allures de rituel rave éternel, mais quoi, sombrer avec délices dans ce moment que 25000 personnes sont venues chercher, hein… Au milieu de son set, Rob envoie ni vu ni connu le « Smack My Bitch Up » de The Prodigy, dans sa version originale. Sur le break avec la voix féminine : le projecteur envoie 5000 watts de lumière dans son dos, il lève les bras en croix, MC Joe demande l’acclamation. Le dancefloor beugle. Rave.

Une fois les grâces rendues aux dieux, restait à aller chercher sa peignée chez l’envoyé des forces occultes. Drokz (en ping-pong avec un Andy Vortex aux efforts louables, attention) envoie ses tracks de gabber d’arraché avec une mine réjouie, mime la guitare électrique, mime les samples, lève les bras, s’empare du micro du MC et fait des bruits de monstre. De temps à autres, il met l’oreille dans un morceau de son casque pour caler quelques séquences d’un track terror toxicomane avec quelques séquences de UK hardcore proposées elles par un Andy qui a pris le parti d’en rire. Le kif de Drokz et celui du dancefloor soumis de juste, c’est les gros kicks qui défoncent le cerveau (ou la bouillie qui en tient lieu). Cris.

Après ça, ne reste qu’à aller vérifier que Promo se fait logiquement péter la gueule par Vince au cours de leur ping-pong. Pas de honte à avoir : tout ceux qui jouent en ping-pong avec Vince se font péter la gueule. Vince est le meilleur, on le savait mais ça fait toujours du bien de se le faire rappeler par une de ces incompréhensibles phases de mix qu’il assène à coups de Neophyte Records de bas étage. Grand, bon et fort. This is Holland.



Dronnzz

Site web : http://www.mastersofhardcore.com/

 

  Publication de l'article :
 
Avril 2008

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