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Masters Of Ceremony
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Neophyte

Masters of Ceremony - Know Your Enemy - Neophyte Records 17

 

Artiste : Masters Of Ceremony

Label : Neophyte records

Titre : Know Your Enemy

Référence : Neo 017

Format : 12"

Aux temps anciens (2002), lors de la sortie de ce « Know Your Enemy », jouer ce genre de choses en France valait au mieux la pendaison. Aujourd’hui, un morceau filant à plus de 220 bpm est du speedcore, le new-style ravage les provinces les plus reculées et les hollandais s’essayent au frenchcore. L’on peut donc ressortir des tubes gabber tels que le faramineux « Soul Seller » en B1 (« Know Your Enemy » et « So Fucking What » allant décidément trop loin dans l’horreur, à moins de tenter le coup du surréalisme branché), tube bien phat & greasy.

« ...They sell out the soul/In search for publicity/And keep on ignoring/The shocking reality », annonce un guttural monsieur. Joie : cette introduction uniquement vocale est déjà séquencée, permettant lors de jouer-caler ces imprécations. A la tête de ce prêche clinquant par tous les bouts, Jeroen Streunding, lui-même maître de Neophyte, qui n’est plus ici le facteur de petits missiles hargneux tels que les chef-d’oeuvresques Rotterdam Records 22 et 30 (10 ans d’âge) en recèlent, mais bien plus une usine à gros hardcore-gabber-pour-les-charts destinée à polir un peu plus l’image d’un statut de Sphinx de la scène.

Passée donc une première enfilade rythmique étalant une profondeur de son ravissante, reprise du petit couplet et et et ! Entrée en scène d’un synthé homérique prompt à doter les masses d’une indomptable énergie. Les reliques de la rave hardcore sont troussées dans un style mauvais genre très au point, et bien que ce morceau soit grassouillet, des visions de stades marchant du même pas vengeur d’un underground souillé par le commerce viennent occuper les haut-parleurs.

Magnifié par une rythmique martiale et un souffle wagnérien dévoyé, ledit discours-ossature n’est cependant pas qu’un prétexte. Progressions magnifiques, sons merveilleux, profondeurs insondables et révélées, tout le track est traversé d’un axe magique alors même qu’il pue le cynisme de très loin. Miraculeux paradoxe qui n’enlève rien à l’efficacité de cette espèce de manifeste douteux. La production défonce tout et à l’époque, le new-style - qui n’était pas encore ce truc de révolutionnaire de salon branleur de filtres - prétendait débarrasser la planète de ce genre de choses. On sait aujourd’hui qu’il n’en fut rien, puisqu’au contraire le Moloch hollandais l’a avalé presque tout cru, au « Butterfly » d’Ophidian près. Une différence de conviction, sans doute.



Dronnzz

Site web : http://www.neophyte.nl/

 

  Publication de l'article :
 
Avril 2005

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