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Micron
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Deathchant

Micron - Globalisation - Deathchant LP 04

 

Artiste : Micron

Label : Deathchant

Titre : Globalisation

Référence : Chant LP 04

Format : 12"

Vilipendé pour cause de syndrome photocopiste aigu, de fricotage avec le frenchcore et de sonorisation des free, Deathchant est aussi joué que d’intérêt variable. Mais puisqu’il semble vain d’attendre que les gominées hollandaises dépassent les 200 bpm lors de leur concours de filtres précieux et que Micron a la productivité de l’adolescent se découvrant une main droite, ne boudons pas le plaisir de ce hardcore énergique autant que simple.

Huit morceaux bien produits ne dédaignant pas, pour la moitié d’entre eux, dépasser les sept minutes (bon pour la narrativité, ça), et allant gratter vers les plus ou moins 220 bpm, quand il fait bon secouer.

Le premier vinyle s’occupe de remplir le quota photocopiste inhérent à la politique du label. « Hiroshima » effraie en ouvrant le bal avec son sample de K2000 et affiche tout de suite rythmiques et sonorités chauffées chez Hellfish. Micron met franchement les pieds dans le plat du track qui se mixe tout seul même si le crossfader est en panne. Mais ça projette & entête, bien que déjà entendu 60 fois. Plus méchant, « Urban Splash » fait aussi plus sérieux, doté qu’il est de bruits de poutrelles d’acier copulant sur un chantier - faisant là office de caution indus. La volonté de taper s’affirme et la production rappelle au hardcore français que plaisir simple ne rime pas avec bâclé. « Somnambulism » fait trop Hellfish fatigué pour raviver un désir émoussé par ce genre de hardcore randomisé faisant très bien son office de produit d’appel pour la frange du public cherchant ses repères et ses codes. Enfin, « Phoneutria Fera » fait un rien plus tordu (mais un rien seulement) en allongeant copieusement la voix d’une cantatrice orientale sur un matelas kicks & breaks mis au point vers 1996.

Les morceaux plus personnels et plus à même d’inciter le consommateur à l’achat se trouvent donc en face C et D. Progression attrape-cerveau et sonorités étagées dotent « Psychotoxic » d’une crédibilité musicale et deep. Voilà le bon côté de l’usine Deathchant : cette capacité à savoir, de moins en moins souvent il est vrai, trouver le parti de jouer avec sa propre grammaire, archi-usée pourtant. Un track bien composé n’aurait donc pas besoin de sonorités prétendument révolutionnaires pour faire son travail ? « The Slum Of Caracas », punk du lot, rappelle le rôle de l’énergie brute défenestrée. Handclaps furieux et boucles cinglantes, breaks rares, voilà de l’incisif du vite de l’intense du montant step by step. Quelques éblouissements pour terminer et l’on goûte la simplicité assumée accouplée à la maniabilité. Enfin du matos parlant au cerveau, ça manque. « Darkness Falls » joue la prédominance des boucles tordues que l’on assimilera à ces « petits sons chelous » si prisés sur les dancefloors bleu-blanc-rouge. Du sample vocal cartoonesque, un sens de la structure genre Producer de mauvaise humeur et un sourire stimulé s’affichera, n’en doutons pas, sur les mâchoires crispées happées dans ce jeu de descentes/montées à l’efficace perfidie. Ici le calcul s’entend et l’irrégularité des courbes saura asservir un dancefloor préalablement rassuré par l’omniprésence de sonorités familières. De la ruse en 210 bpm à ne pas négliger. Enfin, « Loxosceles Reclusa » a le charme d’une rencontre avec une ancienne maîtresse : on en connaît le goût, on en sait les charmes et les talents, ce n’est donc pas la surprise qui fera l’intérêt de la remise de couvert. Une nappe vaguement cyber-romantique cadre les ébats et un viril « Let’s go ! » lance régulièrement des séquences de kick au pouvoir de boutoir imparable. Du prends-ci prends-ça moins tailladant que « The Slums Of Caracas », réinvestissant la légère économie en bpm dans une syncope suggérée dont les bassins avides de tournoyer sauront reconnaître la valeur.

Comme souvent avec les doubles, on se serait contenté de la bonne moitié mais voilà : en pitchant bien les bons morceaux, on touchera au hardcore bourrin, genre semble-t-il désertifié au profit des photocopies de 10ème génération franchouillardes et des danses de salons filtrées en vogue chez les stars des The Netherlands. Et puis, le premier vinyle fera la joie d’un neveu ou d’un cousin venant de s’équiper de frais d’une rutilante casquette à piercings.



Dronnzz

Site web : http://www.deathchant.com/

 

  Publication de l'article :
 
Avril 2005

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