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Moleculez

Moleculez - Child Of Doom - The Devil’s Brood / Brood5

 

Artiste : Moleculez

Label : Brood

Référence : Brood 5

Format : 12"

On le sentait monter depuis quelques sorties. Cette fois c’est la bonne : Moleculez sort ce qui ne devrait être que la première pierre de son grand œuvre. Quatre morceaux rapides et noirs à la vitalité infernale et au lyrisme d’outre-tombe - les goûts de l’allemand pour l’esthétique goulesque se vérifiant par une série de samples tirés des films d’horreur à la mode. A peu près affranchi de l’impérissable modèle Kotzaak, il joue quatre cartes capables chacune de remporter la mise. Les basses sont sourdes, et alors ? Qui a dit que toutes devraient clinquer comme des chromes de Cadillac cognés entre eux ?

A1 : Plus indus que robotique, moins habité par les démons et autre humanité défaite. Classique dans l’annonce des progressions hardcore, ces articulations dont aujourd’hui on attend tout ou presque puisque le boom boom est semble-t-il honteux. Une boucle est donc passée à l’essoreuse pour en extirper tout le jus froidement métallique. Le morceau le plus répétitif d’un maxi pourtant peu avare en éternels recommencements n’en a rien à foutre de jouer les bande-son d’outre-mort : on peut aimer taper aussi, quand on produit du hardcore. Strident autant qu’aveugle.

A2 : A mi-morceau, une nappe acide subit des coups de boutoir s’apparentant aux prémices d’un viol cosmique. Celui-ci n’arrive toutefois jamais puisque la rythmique est lancée à 240 bpm contre tout ce qui bouge. Du kick et encore du kick, voilà qui nous sauvera de toute vélléité glamour mal placé, ma bonne dame.

B1 : Un troupeau d’âmes en peine subit le cinglant de feuilles de métal contre métal. Les cris d’une femme effrayée s’allongent généreusement en forme de boucles un bon moment, avant qu’un démoniaque monsieur balance gravement « There is no return ». Quelques variations fréquentielles sur le cinglant métallique précédemment évoqué et zou, à 250 bpm l’affaire est dans le sac d’un track brutal et bon.

B2 : Du cri (encore) de civilisation, de la fréquence oosphérique. Le souffle chaud d’aigus hurlants ravage des samples de voix de pauvres messieurs semble-t-il bien esseulés dans la douleur. La rythmique toute en pulsations aveugles, révélant la prise de pouvoir par des machines obéissant au maître des compressions, joue la dualité : start/stop. 0 et 1, binarité retrouvée pour les pauvres esprits dilués dans le gris des illusions modestes.

Moleculez se trimballe donc avec aisance dans quelques méandres de notre imaginaire collectif au moulinage de cerveau qui se vit mal, en faisant jaillir quelques perles noires redonnant espoir en un hardcore allemand de belle tenue (dans ce cas-là le meilleur, comme l’on sait).



Dronnzz

Site web : http://www.devilsbrood.de/

 

  Publication de l'article :
 
Septembre 2005

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