Moleculez commençait à être attendu au tournant pour cause de multiplication de productions pas finies, un Third Movement vasouilleux en tête, alors même que les Curse 3 et 4 avaient montré de quoi l’allemand de Hamburg est capable. Et voilà que son Strike s’avère majestueux.
Avec “Children Of The Cortex” (ce titre), les chevauchées infernales en des contrées que seuls les plus burnés des démons osent visiter sans crème solaire, exercice de style dans lequel le liver excelle, reprennent du poil de la Bête pour le dessert. A 160 bpm et une rythmique réverbérée jusqu’à la hantise, nappes basses et spectres aigus contournent en souplesse les ponctuations assénées régulièrement au long d’un morceau au narratif cornu. Aussi menaçant que retenu : la nuit des masques va se trémousser longtemps avec ce track.
“Freakstyler” : accélération continue d’un kickdrum filtré et refiltré. Circonvolutions sur une piste en anneau pour brûler le diamant ainsi que les cerveaux. Moleculez n’a pas le mental jumpiste, donc. Fort bien.
Moins dans le spiritisme de l’an 3000 et plus dans l’indus, “Eco Trauma [Moleculez Remix]”, a le 190 raide plutôt que violent. Tirant sur le fil d’une stridence métallique établie en argument principal d’un exposé hypnotique poussant à mi-morceau le kick vers la boîte à accessoires, Moleculez anime son sens aigu de la narrativité et justifie ses inquiétants enchaînements de séquences en agitant d’une main le scénario présidant à ces œuvres pendant que de l’autre il secoue les fils d’un morceau-marionnette granitique.
“Heart Attack”, excitant primaire, incite à la tachycardie. Toujours occupé à faire vocaliser les paragraphes d’une bible hardcore-indus ayant échappé au relookage new-style et au travestissement frenchcore, Moleculez creuse la voie d’un genre pulsionnel et instinctif, dans lequel l’affirmation rythmique laisse la place à l’élaboration d’un liant entre des facettes tour à tour mécaniques, aériennes, urbaines et ésotériques.
S’il continue sur cette lancée, le temps des chef-d’œuvres n’est plus loin.
Dronnzz