“N-Corruptor is a sick and dark side of Nuclear Device”, comme ils disent. Cela se traduit par trois tracks de gros hardcore-gabber bien gras, aux boucles bien saturées en cholesterol synaptique, aux kicks bien moulés dans leur phatuité veinulée et violacée, au 170 bpm droit dans sa grosse disto bien raide.
On ferait donc comme si les petites pétasses new-style n’avaient jamais existé, ou au contraire, on montrerait au monde désemparé que le gros qui tache existe encore.
“The Way Of The Future”, meilleur morceau. Une courte intro nappant les murs des intérieurs éventrés d’une mélodie hachée de frais, une annonce vocale de “The way of the future”, et nous y voilà : un kick surgras prend ses aises, pas de retenue dans le stéroïde, ici on porte le caleçon en mode velu. Une boucle pleine d’écho ne tente pas de rehausser le niveau de classe de l’ensemble, résolument un maillet à la régularité confondante. Le sample vocal décrit plus haut ponctue ici et là quelques mesures, à la suite desquelles de nouveaux éléments s’ajoutent à cet avenir ici décrit, une espèce de post-table rase noisy et voyou de gabberists pour qui la tectonique des plaques et la teneur en crédibilité arty de la musique, ça vaut pas un gros kick dégueulé par 50000 watts eux-mêmes dantaface.
“Eternal Life” s’avère plus fin (pas dur). Comprendre que la boucle est moins écrasée par le kick. Voire qu’au break, c’est bien un synthé accompagné de jolis petits breakbeats qui se lance dans une arabesque mélodique à l’emphase pavarotienne. Puisqu’on imagine que cette nappe est sensée décrire la Eternal Life du titre, on comprend que le duo ici aux affaires connaît les fréquences qui feront naître dans les cerveaux avides d’épique cette sensation de gloire indestructible surstimulée (pas trop dans la même nuit parce que sinon c’est l’éternité pour de bon). Border kitsch comme le serait une Lamborghini vert pistache fluo laser.
Là-dessus, “Welcome To The Darkness” fait presque propret. Plus contenu dans ses effets, plus sobre dans son bras d’honneur au bon goût, il en est aussi plus classique. Pas le premier track hardcore-gabber dont on peut deviner la progression 10 mesures avant qu’elle n’arrive, mais c’est presque un genre en soi. Limite c’est par sa prévisibilité que ce track amadoue, comme d’autres, la résistance à l’écrasement d’un cerveau soumis à tel traitement. Voilà ce qu’on doit appeler un DJ-tool. De toutes façons, le hardcore a ceci de commun avec la copulation inter-humaine que c’est pas parce qu’on voit arriver les signes de quand on va jouir que c’est pas bon quand ça* vient.
*La purée de cerveau écrasé ou celle de couilles en feu.
Dronnzz