« La compagnie galactique UPR vous invite à rejoindre la navette sidérale numéro cinq, Neurocore sera votre commandant de bord pendant ce voyage psychédélique en quatre étapes. »
Le « transexuel paranoïaque » qui fait office d’hôtesse de l’espace finit à peine son speech que le commandant allume les boosters, créant un fracas d’explosions successives. La navette frémit puis après une brève inertie s’extrait de son point d’ancrage. Le voyage commence alors que les premières sonorités acides ponctuent le rythme soutenu d’une vitesse de croisière galactique. Le vaisseau fend l’espace, son commandant défiant les assauts cosmiques les plus rudes, il maintient son cap et amène efficacement les voyageurs vers la deuxième étape. Quelques ajustements et le vaisseau peut adopter un régime plus soutenu. La seconde étape s’annonce plus mouvementée car l’anodin petit champ électrostatique se transforme rapidement en un gigantesque maelström magnétique. Les pulsations stroboscopiques des salves d’une pluie cristalline qui martèle le fuselage du vaisseau, résonnent dans l’œil du cyclone et l’alarme qui ne cesse de retentir prévient de la fin imminente de ce trajet « sans retour » puisqu’un vortex temporel s’ouvre tel un trou noir.
Happé par cette ouverture béante, la navette dérive mais le commandant de bord profite de ce retournement de situation et pousse les boosters quantiques au maximum. De nouvelles galaxies défilent à une vitesse astronomique et les reflets lumineux qui scintillent sur la coque de la navette se distordent en une multitude d’éclairs colorés. La flèche argentée défie les lois gravitationnelles de l’univers et traverse maintenant les strates éthérées de la nébuleuse « Minimal Hightech ». La douce voie féminine compte les chiffres à rebours, la « relativité du sommeil paradoxal » nécessaire à tout déplacement intersidéral va s’interrompre alors que la, navette sort de l’hyper espace. Le choc est immédiat et la masse de souvenirs qui s’entrechoquent, sature le réseau cérébral des triponautes. Le vaisseau flotte sur les ondulations cosmiques créées par le vortex temporel qui se replie et signifie la fin du trip pour les voyageurs stellaires.
Mouvementées à souhait cette virée dans l’espace est à l’image de Underground Perversion Records. Le label strasbourgeois confirme son attachement et son militantisme pour la production de vinyles de haute qualité tant dans la réalisation sonore, ici excellente, que dans sa volonté de présenter des artistes (X-gamer, Mouse, Le Tallium pour les précédentes références du label) comme Neurocore qui signe l’un des meilleurs EP de l’année 2006 !
Tommy Who