Des spationautes explorent une planète lointaine et font d’inquiètantes découvertes. Peut-etre l’équipage du Nostromo ? En tout cas leurs échanges radio sont la trame narrative d’ « X-plore », première face d’un nouveau glaive neogabber sortis des forges chéries d’Enzyme Records (ici, sa subdivision menée par Nosferatu et Viper). Des hululements de synthés dans le rouge arrimés à un méchant pied grésillant servent une science du break à haute tension (toujours deux grands, c’est la Règle). On retient son souffle jusqu’à ce que le barrage cède et déverse l’énergie accumulée sur un décorum fastueux.
Au passage : l’indus-qui-racle fondu dans les textures souples et filtrées du gabber
(Hardcore biomécanique ?)
est devenu l’air de rien comme un sous-genre en soi, d’Armaggedon Project aux récents maxis de The Outside Agency en passant par des pans entiers du catalogue Third Movement (et on pourrait remonter comme ça jusqu’à l’ère 4/4 des Somatic Responses).
Là-dessus on retourne le disque...
...pour s’enivrer d’étranges sirènes et d’FX insectoïdes directement banchés sur la sphère hallucinatoire. C’est « Futuristic Elements », qui substitue à l’euphorie cocaïno-mégalo des mélodies gabba un cauchemar nauséeux, toxique.
« The Future is always born in pain/ the History of war is the History of Human" rappelle l’archi classique voix-dans-les-breaks, pretexte à relancer le kick que le duo Nexes ballade dans le spectre des fréquences au gré d’automations d’EQ’s. Ou comment créer du relief sans offenser Notre-Dame de la Linéarité.
C’est classe. C’est gros son. Partout la touche perfectionniste enzymesque. Un couple de tracks 100% taillés pour le mix, mais avec une personnalité bien à eux. Oulala ça maitrise graaaave.
Dr Venkman