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Noizefucker

Noizefucker - Clean The Electric Oceaan - Goddess of Disaster 006

 

Artiste : Noizefucker

Label : Goddess of Disaster

Titre : Clean The Electric Oceaan

Référence : G.O.D. 006

Format : 12’’

Pendant que le cocoricore ne survit que dans le souvenir de ses barons, la Hollande dégueule de producteurs, de DJ et de labels. Cette heureuse sortie ne devrait être qu’une figure de proue d’un mouvement de fond, oserait-on espérer. Et puisque Hollande n’est pas égale à gabber, le tour de piste de Noizefucker se fait chez Goddess of Disaster sur fond de hardcore vitupérant et de speedcore white noise. Miam. Ainsi, le « Le contact » fond-il les unes dans les autres de courtes séquences se distinguant par des nuances de maxicompression, pendant que l’ensemble est correctement nimbé par une diffraction toute de distorsion. Et puisque cela navigue dans des vitesses séparant le hardcore énervé du speedcore pour de bon, il est question que tout ne serait qu’affaire d’interprétation. « Electric Waves (with Hellseeker) », quelques bpm en dessous, déclare une structure plus volontiers hardcore. Mais on est encore loin du ‘tout-pour-le-kick’ en vogue, la rythmique relevant plus d’une pulsation surnageant de ce festival de distorsion d’où s’échappent quelques grands classiques du sample vocal (le « I’ll make them pay » en tête). Quant à « Ardweez », loin en dessous de la barre des 200 bpm, il s’avère être encore plus simpliste dans la forme, pour mieux valoriser son axe principal de composition, ‘tout dans le rouge et à charge du cerveau de l’auditeur d’y trouver son bonheur’. Brut dans le brouillon, effilé dans l’aigu, ça attise les velléités punk et ça redonne une dignité au sous-genre hardcore industriel.

« Ergens In The Oceaan », reprend à juste titre le “Oceaan” à double ‘a’ du titre du maxi (ah, ce ‘aa’, tout est dedans) puisque le speedcore est ici minimaliste, à peine breaké, s’autorisant à peine quelques roulements ici et de rares incursions vocales là. Un arc de tension loin de ces gentillesses rapides mais suffisamment cadencées pour dessiner les deux bords de limites finalement rassurantes. Pas de prisonnier.

« Clean The Lines » chercherait à faire pardonner sa vitesse de slow sirupeux par son principe de composition tout en déclinaisons de white noise. La trame rythmique confine au symbolique et on déguste la violence tirée de l’empilage des séquences de stridences d’outre-mental. Le récit des mondes de l’au-delà est finement mené - cela évoque le DJ Freak bruyant mais en mieux, la narrativité - un autre point fort des hollandais - ajoutant au bruit pour malmener le plaisir mélomane de qui se trouverait devant les enceintes à ce moment là.

Mais « Dodge Bullets » est le meilleur morceau de ce déjà magnifique maxi. Hardcore mort-vivant délinéarisé jusqu’au squelette, nimbé du nuage méphitique d’un synthé échappé des dancefloors des plus folkloriques, il concentre jusqu’à la rupture d’anévrisme le principe de la désynchronisation de ses fréquences entre elles. Ce magnificat annonce une étape avancée du télescopage du gabber et du gros bruit tel que certains labels comme DNA en font leur fond de commerce. Sauf qu’ici l’interpénétration touche à l’exponentiel - c’est aussi déconstruit que jouissif. Gros, très gros track.



Dronnzz

Site web : http://goddessofdisaster.free.fr/

 

  Publication de l'article :
 
Avril 2006

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