|
PORN - 13/02/2004 - The Wall Of Emotions - Weelde (BE)
PORN
’In Trance we don’t trust’
13/02/2004, Weelde (Belgique)
Line-up
Terror 1
Akira, Al Core, Dios, Smurf, The Outside Agency, The Vizito,r Drokz, Justice
Terror 2
Adnoctum, Regulator, Sik Rob, Stinger, Terror Suzy, Bonehead, Noizefucker
Darkcore
Cyrus the Virus, Garong, Noizer, Shifter, Toxic, Reflect, Xerox |
 |

Boîte de province du nord de la Belgique, The Wall Of Emotions a suffisamment l’air d’être loin de toute civilisation pour accueillir dignement les exactions speedcore de la Pendeho family, hollandais hérétiques chargés en vilenie.
Trois salles plus un chill-out (trois rangées de larges fauteuils club en cuir face à un mur sur lequel sont projetés des films X cheap). L’habituelle populace Lonsdale en polo et nuances de débardeurs allongée d’une bonne rasade d’alternatifs, goths, metalleux et autres asociaux. Tout le monde se rangeant de bonne grâce sous la décadente bannière hissée par le rigolard organisateur MC Justice, justement aidé en ces basses entreprises par l’idéologue en chef du tabassage nihiliste : Drokz, lançant à l’occasion de la soirée son nouveau label Hard Drugz Records.
The Outside Agency, duo cultivé, aligne ses morceaux et des remixes de ses morceaux en intercalant quelques classiques, Protectors Of Bass en tête. L’ambiance est à l’indus galactique prolongé tous les 4-5 morceaux par un uppercut speedcore. Quelques blancs dans le mix (délicatesses dans le maniement des MP3) ne semblant pas déranger la majorité du dancefloor qui vivra un choc culturel toute la nuit. Quelques bonnes phases de basses bien retorses aidées par un son trop fort aiguillent tout de même ce qui reste de curiosité collective avant que la masse ne soit précipitée dans des basses fosses.
Dans le chill, une poignée de gardons s’esclaffe devant le récit des aventures d’une jeune femme s’aventurant dans un club de sport dans lequel les ébats lesbiens peuvent avoir cours.
DJ Smurf, un schtroumpf de 15cm fixé sur le casque, est cette nuit un hilare cartonneur. Mimant les samples vocaux de ses disques de speedcore rectiligne, entre deux calages il maximise son potentiel de gesticulation. Le sadisme guilleret, il pulvérise ce qui était la fin du début de soirée pour plonger la salle principale dans un traumatisme dont les DJ suivants élargiront les cratères. Quelque part entre 260 et 350 BPM, tout en faux départs et en altercations rythmiques, DJ Smurf débite des rasades de schtroumpfs paludiques via ses gros bras de platines et dédramatise l’ambiance via mimiques et postures. Le cartoon.
Dans le chill désormais rempli, une bienheureuse foule mixte piaffe devant l’histoire du monsieur aux testicules rasées se faisant dépuceler par une demoiselle au pubis rasé lui aussi. Pour un puceau, il montre moult technique et une endurance remarquable.

The Vizitor est un bodybuilder au crâne lisse, un genre à ne pas avoir à demander pardon quand il traverse un parterre de jolis danseurs. Il est très gentil et son hardcore est viril - à moins que ce ne soit l’inverse. C’est carré, caréné, bold. Une avancée assumée vers le dépassement de la vitesse autorisée pour le bon goût n’empêche en rien un air de suavité de parfumer un dancefloor plutôt mobile dans la tétanie. Une partie du public hésite entre évanouissement et consternation ; il en est certains pour se réfugier dans un atavique « Rotterdam » (un équivalent local de « Alleeeeez ») scandé sans trop de conviction. Les changements dans le BPM conçus comme des revers de main sur une joue bien blonde, l’ambiance peut progresser vers l’édification d’une cathédrale de méphitisme dont les vitraux malmenés pourront contempler le dernier muezzin dans une douleur muette autant que cathartique.
L’absence d’Al Core l’ayant amené à ne pas se livrer au ping-pong prévu avec the Vizitor, Drokz fait applaudir icelui. On lui tend un micro (Drokz est très micro), il raconte qu’il lance son nouveau label, tout ça, balance des exemplaires de la première sortie, quelques t-shirts. The Vizitor envoie d’ailleurs un morceau dudit effort - digne successeur des Cunt dont il est ici question d’ailleurs puisque Drokz rechante live les paroles déjà gravées sur le vinyle (« ...Cunt Records is dead ! »). Il termine son affaire dans la bonhomie. Des gens sont interdits.
Drokz mixant speedcore est un spectacle aussi visuel qu’auditif. Tout y passe. Samples mimés (ça c’est pour l’échauffement), fade-outs après lesquels il demande au public de se manifester bruyamment, postures diverses dérivant généralement vers les bras levés battant l’air au rythme du changement des fréquences des morceaux, euh, 500 bpmistes tournant sur les mange-disques, là. Perdu dans la possession, grand maître en clownerie explosive, agitateur cosmique, voyou céleste. Quelques redescentes vers les 250 bpm ne dureront pas assez pour autoriser l’espoir. C’est terminal. Danser sur les nappes ne garantit pas à 100% la survie, mais quoi ? Rire ou pleurer non plus.
Sur le mur resté immaculé, un comédien de X dévoile une autre partie de son talent en montrant comment il imite Robert de Niro dans la scène du « You’re talking to me » de « Taxi Driver ». Les gens crient, on ne l’entend discourir.
Dronnzz
|
|
Site web : http://www.pendehorecords.nl/
|
| |