Amex est le sublabel d’Ambush qui sort des remixes de ses petits classiques hardbreak-cyberdancehall.
Face « The Panacea » :
Une tonne de samples des gangs jamaïcains de Predator 2 pour poser une atmosphère de guerrilla urbaine très à propos - idée déjà exploitée par le classique du darkside ou darkcore (rien à voir ou presque avec ce que le Hollandais en londsdale entend par ce terme) « Lord of the Null Lines » d’Hyper-On Experience. (Fucking voodoo magic man !). Connaissant les penchants de Mathis Mootz, ne pas y voir une coïncidence. L’alien rasta lance lui-meme le rush d’un bon gros « mothefucker » guttural. S’en suivent : aigus hystériques, sirènes de police, vrilles de synths sinistres qui s’agitent comme des lances à incendie hors-contrôle derrière une fournaise d’amen-snares... Même si ce n’est pas le meilleur de ses meilleurs morceaux, rarement The Panacea (on ne dit plus Panacea) n’aura su restituer de façon si fidèle toute la psychose chimique du ardkore de 93. Un beau bordel que ce remix, surtout lorsqu’il est traversé d’éphémères tunnels de pumpin’ binaires qui débouchent de plus belle sur de nouveaux vortex de breakbeats et d’éjaculations détunées. On pense aussi à la série des Whitebreaks, autre exemple recommandable d’Allemands se la jouant ravers british. Le tout est copieusement arrosé de voix ragga (dont le slogan "total destruction/the only solution" du titre original de Scud). Les références au passé abondent, mais le morceau en lui-même n’a rien de vieillot. Trop frénétique pour ça il est. Parfait, en fait, pour insuffler un peu de couleur à la monochromie d’un set breakcore, ou d’hystérie au ronronnement zen d’une session drum and bass.
Squattant l’autre face, le « Ton of Brix » de Dj Scud - une course-poursuite techstep roulante, strictement pour le mix, manque un peu d’inspiration malgré une compo impeccable.
L’ensemble sonne comme une nouvelle démonstration de force du son émergent entre D’N’B, breakcore et recontextualisation des éléments les plus jouissifs de la vieille rave anglaise. Après moultes tâtonnements, il fallait bien qu’un tel monstre prenne enfin forme pour de bon, et c’est tant mieux.
Dr Venkman