« Qui c’est qu’a éteint la lumière ! »
Le choix de l’artiste pour une première sortie n’est pas une tâche évidente. Elle conditionne sans aucun doute l’image qu’un public « sonivore » se fait d’un label. On découvrira bien vite que cette image importe peu au label Ambivalence qui se joue d’une diversité de styles, chose rare et remarquablement plaisante.
C’est indubitable, l’album de Passarani fait froid dans le dos et ne laisse aucun doute sur le message que Seal-Phüric (Créateur du Label) voulait faire passer en 1999.
Loin des rythmiques endiablées et des blips écorchés convoités à outrance ces derniers temps, cet album électronique aux sonorités sombres et résonnantes me semble intemporel et spatial. Résurgence d’une jeunesse télévisuelle animée (Galaxy Express 999...), imagination débordante/débordée et jeux vidéo sont constamment pris à partie par cet album.
Les morceaux évoluent, progressivement, sans esclandre ni escale. « A-tek », esclave de bipèdes triangulés est un troupeau de moutons mutants qui se meut allègrement, résigné dans une mort certaine.
« CNCT Point » et « EE5 » transpirent le droïde à plein nez, tandis qu’ « Emir-X », aguiche le bipède à renfort de « danse du robot oriental ».
« NNØ », le seul morceau réellement Ambiant de l’album sonne comme un sanglot terrestre, irrévocablement post-apocalyptique et mélancolique. C’est ce morceau qui servait de fond sonore à la page « Circum Stance » du site Ambivalence (site actuellement en transformation, cf. Interview de Seal-Phüric).
Critique de la Page « Circum Stance » par Seal-Phüric :
SZ :Le contenu de la page « Circum Stance » de votre site m’évitera de poser des questions sur le pourquoi du comment et aussi sur le pourquoi vous portez des chapeaux pointus.
Seal-Phüric : Le chapeau que je portais à l’époque de l’écriture de ce texte était très pointu, un brin corné au sommet et tout farci d’amertume envers la difficulté de se faire entendre. Mon credo d’alors était qu’il valait mieux exagérer dans l’intention que dans l’indifférence... Ceci en explique l’aspect limite hystérique des propos qui, avec le recul, me semblent massivement emprunts d’une certaine autocritique de la scène que j’arpentais et dont les dérives sont multiples, dérives que je ne puis moi-même me porter complètement garant de n’avoir un jour ou l’autre tutoyées, chaviré par "la vapeur à haute pression de ma propre présomption"... C’est aussi pour tenter de couper court à ces erreurs de castings idéologiques que je l’ai écrit.
Passée cette larme, on peut s’attendre à ce que l’album coule entièrement dans les abysses arythmiques. Passarani revient pourtant doucement à la surface et « no hope » réintègre un beat encore incertain. « Reut-RC », à base de TB-303 (Oldrave Joey Beltram Style miam-miam !), relancera la machine une dernière fois.
Liste des titres :
1 EE5
2 CNCT Point
3 NNØ
4 A-TEK
5 NUL
6 V-TEK
7 EMIR-X
8 REUT-RC
9 2099 Ø TEK
10 ENGINE (low pitch edit)
11 NO HOPE
Ratatac