Aussi multi-artistes que le premier numéro du label et bien plus gabber, le deuxième Pendeho confirme la maîtrise du second degré de la part de hollandais connus et reconnus comme, au hasard, Drokz, qui signe un remix.
Sur la base des 3 notes caractéristiques de la bobine indiquant le faux numéro, le « Phone Sex » de la Pendeho Mafia est un petit morceau relâché aux synthés gras et débiles indiquant qu’il ne faut pas les prendre au sérieux en ressortant ces redondantes accusations de ’happycore’ fustigeant toute la musique hollandaise.
Le remix de Drokz évolue quelques coudées au dessus, brûlant, destroy et pratiquant avec aisance l’abus de procédés stylistiques pour mieux s’en accaparer la signification symbolique. Sur un canevas rythmique détaillé comme un Rembrandt dernière époque crient en effet des aigus dont force est de constater que leur côté ’sirène gueulant l’entrée de l’Amoco Cadiz en rade de Brest’ n’est pas complètement imaginaire. Mais y a pas, c’est chouli et d’un retour en bouche salivaire.
Aussi inattendu que des moulins en fond de champs de tulipes parcourus par des vierges blondes en costume folklorique, « Put You On A Hard Attack » est plutôt chanti. Du gabber dépouillé certes, mais exigeant tout de même un goût pour les choses de hollandais cramé. C’est un genre - merci Justice.
Les deux versions de « Phone Sex », pour leur maniabilité, leur son, et l’énergie démoniaque bavant de tous les trous de la version de Drokz représentent à merveille ce que lui et sa bande s’apprêtent à lancer sur le hardcore européen endormi : un blitzkrieg.
Dronnzz