Nulle surprise à ce que la série des “Files”, ayant largement contribué à forger ce que Promo voudrait être son mythe (à vos souhaits) soit rééditée. Qu’aujourd’hui tout cela sonne rabâché est compréhensible en ce que l’ex-jeune premier s’est depuis vu chauffer tous ses trucs par la vieille garde gabber et ses sbires. A l’époque donc, ça faisait sensation notamment pour cause d’injection de clinquances indus dans une musique menacée d’écroulement sous le poids de sa cheeserie. Et il y avait la pose, celle d’un Promo le mal-aimé, d’où des titres de maxi type « The Industry Can’t Stop Me » assortis des mines contrariées du producteur qui jamais ne se ferait avoir par ses ennemis (ceux dont il serre la louche en résoi toutes les semaines). Rebelle gnangnan avide d’une reconnaissance qu’il a fini par obtenir au moment où Third Movement aligne par dizaines des maxis ineptes ou presque.
« The Industry Can’t Stop Me », le morceau, c’est aussi de la grosse dance étalant copieusement une mélodie dont la texture était si futuriste au moment de sa sortie. Rythmique roide au break rare et synthé hypnotique, renforts spatialisés : bien des codes gabber sont absents, ce qui se comprend pour un track se voulant porte-étendard de la fierté promo-tionnelle. « The Bad Guy », cherchant lui aussi une crédibilité voyou, est encore plus primaire : kick martelé et cadençant la danse des majorettes gabber, breaks courts pour reprendre son souffle, synthés en boucles courtes et répétitives, production surléchée : est au hardcore ce que les choses de Billy Idol étaient au punk. C’est pas pour ça qu’on a pas le droit d’aimer « Dancing With Myself » et les autres conneries qui ont suivi.
« Battle Of The Sexes » annonce le genre gabber digne qu’on bouffe par tous les trous depuis des années et qui se mord la queue par tous les trous également. Donc, une mélodie en accords mélancoliques lorgnant sur les œuvres de Miro et le rappel régulier d’une tension sous-jacente soulignent la silhouette d’un Promo avançant face au vent d’une histoire à l’époque pas encore conquise. Il reste que le morceau est régulièrement ponctué de touches happy, parcimonieuses certes mais happy (ce sample vocal, là). Impression confirmée par « What U Want », mélodieux sans ambages, illustrant la relation amour-haine du jeune premier envers sa matrice, le gabber - leur mère à tous. Futuriste peut-être, mais respectueux des bornes du folklore Holy Holland, que d’autres s’étaient occupé de saccager quelques années avant (récit de ces aventures sur les Cunt et assimilés).
Dr Venkman