En ce temps-là, Marc Acardipane sortait un maxi par semaine ou presque, ce qui s’entend ici d’ailleurs, mais c’est autorisé pour les génies.
Un sample essoré partout, de la house à la techno (« Something for your mind... » amputé de « ...Your body and your soul »), déshumanisé au filtre, un kick sec et écrété titillant le 190 bpm, propre, neutre presque, trop prononcé pour ne pas malmener les plus doux des ravers, pas assez dur pour s’honorer d’un ’core’ clanesque, quelques handclaps, snares et charleys qu’on aurait pas vus ailleurs, et ce chant de Juno 106 pour lequel ont été élaborés les deux mix de « A New Mind ». Quand ça sent le vite fait autant que ça en impose, on écoute, on danse, les lasers, survêts fluos et sucre candy faisant le reste.
« A New Mind (Mix-A) » voit la nappe en continu, ligne de chaleur courant au fil de séquences rythmiques naïves. Un filtre fait se buller la nappe, le sample vocal repart - tout avait commencé en ordre, kick, « Something For Your Mind » et Juno magnifique récitant les couleurs de l’extase éternelle.
« A New Mind (Mix-B) », plus sombre, découpe la nappe en éclats. Là où sur le ’Mix-A’ elle jaillissait sur un dancefloor au rendez-vous de son propre mythe, ici elle privilégie une gravité auto-élégiaque, un gouffre anti-happy que les tourments d’un « Something For Your Mind » raréfié et tressautant rendent presque inquiétant.
Béatitude et désenchantement en pile et face de ce maxi simple au pouvoir fantasmatique inentamé.
Dronnzz