Soit un producteur hardcore français presqu’autant que surdoué, exilé à Londres, s’associant à Nawoto Suzuki le Japonais en pleine réactivation de son projet culte Smily Slayers. Le tout sur un label dont le 01 fut l’un des meilleurs disques de l’année dernière. Le concept : chacun place une compo originale, l’autre la remixe.
« Darth », gueule d’anthem power rave, lorgnerait presque sur une épaisse techno bassline à la Vitalic si n’était ce pied lourd, décapant. Dark Vador cause dans les breaks, avant redecollage à pic dans un fracas de sabres lasers - U don’t know the power of the darkside. Un max de défouraille hypercarrée et spatiale. 150 bpm illuminés de nappes, multicriblés de bleeps. Une dynamique bien généreuse.
« Darth seibutamagawa line koremasa united remix » de Smily Slayers -chœurs kotzaakiens et tempête d’amen breaks en épice rythmique - est une relecture speedée d’A1. On y trouve cette façon nippone de mimer le gabba européen pour enfanter un jumeau aux yeux fous, bizarrement décalé. Ceux qui s’attendent à du N.Suzuki façon J-core extrême seront surpris, et plus encore par « Yotsuya Madness » -Smily Slayers toujours- où le fossé culturel déflagre pour de bon sur cette techno qui a digéré d’une drôle de façon l’influence d’un The Mover, ou du Vainqueur de 93, et qui ferait difficilement sens sur un dancefloor français.
Le remix qu’en fait Sarin Assault tourne grosso modo avec les mêmes sons que « Darth » tout en rappellant de vieilles balles trancecore belges. Charleys groovax et très belle nappe old school (évoquant Detroit) appuient l’intemporalité d’une puissante raverie à crever d’allegresse sous un laser.
Au bout de deux sorties, KTR est bien le label quatre étoiles (et surprenant en plus) qu’on esperait. Sortie prévue pour Mars.
Dr Venkman