... “A New Star”, rien que ça. Naguère sanctuaire happy-gaucho, Mokum revient d’entre les morts en ayant actualisé la ligne musicale. Donc puisque la hype est au new-style et au darkcore épicés d’une touche de terror (baillement), Shadowbreath (plus connu sous le pseudo Stormtrooper) met de l’indus dans la pochette rouge sans oublier d’y laisser ces couches de synthés héroïques accouchant d’une ravissante patte psychotrancer au 180 alerte.
“A New Star”, le morceau, déroule fièrement ce kick saturé popularisé sur DNA et autres Stormtrooper, mais l’épaisseur en moins ici : on est chez Mokum, pas chez les punks. Structure chargée en embuscades rythmiques, sonorités froides et aigus sataniques font bloc face à l’arrivée d’un synthé épique, heureusement mixé en retrait. L’ensemble eût gagné à être un peu moins confusion & sortie de PC, mais il y a là une ferveur qui ravira les dancefloors.
“Angry” est plus brutal. Droit dans ses plug-ins, Shadowbreath filtre sa grosse saturation en fin de mesure et creuse des trous au sortir desquels le titre, répété par un vocoder irascible, trouvera son sens dans la mise en exergue de synthés genre dieu païen en colère. Le coefficient en ramonage commence à se tortiller d’aisance d’autant que la progression générale révèle une heureuse cohérence. Asséner de la composition, voilà.
“Creation (Mokum mix)”, gros gabber de samedi soir. Parce que donner dans le pointu n’empêche pas de faire démocratique, on nage ici en pleine autoroute balisée de part et d’autre par les codes en vigueur depuis 10 ans. Un peu vide quoiqu’efficace.
“0.25 Satanic” a le breakbeat scintillant, courant collé au kick qui ici n’est pas distrait par des synthés intempestifs. Le quota dark est rempli par l’assurance d’un récent converti à la froideur indus tailladant agréablement ses séquences par des stridences en service commandé étant au kick ce que sont ses poissons pilotes au requin. Où l’on remarquera que Shadowbreath s’étant délesté de certaines obligations de faire-du-gabber-sans-en-avoir-l’air, il personnalise son propos dans un bonheur linéaire et bourrin bienvenu. Choses vocales narrant du « 666 » dans les coins, omniprésence de la distorsion, rationnement sur le nombre de sons : le hardcore hollandais a encore quelque chose à dire du côté noisy des affaires. Comme quoi une cure d’amaigrissement ordonnée à un genre figé dans sa graisse de riche ravive le désir et l’envie d’en découdre avec les fréquences infernales.
Dronnzz