En A, on tient de l’electro tout ce qu’il y a de plus sobrement élégante avec une bassline sourde et des chuchotements de techno-goules. Tout le nécessaire du petit hypnotiste des 90’s en plein effet : une 303 qui pulse à contretemps, bloquée sur deux notes ; un son malaxé du filtre et donc malaxe-cerveau ne s’embarrassant pas davantage de mélodies. Le titre se développe avec méthode, s’intensifie en escalier. Les fréquences grimpent et mutent en délicieuses torsades. Bref, c’est très techno dans l’exécution, très demi-teintes, plein d’énergies bouillonnantes sous une surface d’huile.
Bien mixé -car on parle là d’un dj tool au sens le plus noble- les danseurs vous finissent avec des spirales à la place des yeux.
Face B. Il fallait bien cette brute de Dexorcist pour changer un tel joyau ciselé en une grenade electrorave de plusieurs mégatonnes. Son remix est tracté par une épaisse synthbasse suburbaine d’inspiration darkstep. Pour le climat evil à la Dead Silence, c’est nappes nocturnes, aigus paranoïaques et reverberation de hangar. Le premier break voit l’irruption d’un riff de clavier dans la filiation du vieux UK hardcore : plus efficace le disque serait interdit à la vente. Alors quand les snares ultra-phat reviennent gifler le dancefloor... Méchant. Basique. Pile ce qu’il faut là où il faut comme on dit. C’est punitif. En clair, un remix aussi frontal que le matériau de base la jouait progressive.
Il y a là deux très bonnes pièces illustrant chacune une facette du renouveau electro-pas-clash-du-tout. Le choix de la face dépendra juste de que l’on préfère niaquer du cerveau ou du tibia.
Dr Venkman