"Don’t Play With Fire" est le premier de ces morceaux dégageant cette menace féline. Tendu par les banderilles aigues d’une nappe plaintive et maintenu raide par une scansion rythmique presque tribale. Élaboration de déviations et recadrages successifs participent de la magnification de synthés pourtant discrets. Charleys voltigeurs en grands prêtres du filon techno originel (celui qu’on a jamais trouvé) et basse mate enjôleuse plutôt que percutante cadrent thèmes et gimmicks goguenards d’un morceau plutôt lent pour le label avec la constante abnégation d’ouvriers machiniques.
« Desperate Demolition », habité de la même vindicte autoentretenue prolonge les velléitaires perspectives de « Don’t Play... », plus mécanique dans le procédé. L’un des meilleurs connaisseurs du core rave allemand dresse ici un oiseau de nuit dont le cri ouvre le morceau (après que le sample vocal eût souhaité ’Good luck’). Systématisme et classicisme dévoyé rivalisent d’ingéniosité, entre relecture des grandes phases nappées de l’auteur et percées dans un pessimisme techno/hardcore tombé sur la tête d’ouailles n’assumant pas l’ancrage historique de leur musique fétiche ni la propension d’un genre à se décliner en sous-sous-sous-chapelles toutes autant gardiennes de la flamme (d’un briquet orange survêt’).
Ces deux morceaux sont intenses et beaux.
« Your Own Death » travaille dans les 300. Ah, ça doit effectivement ressembler à ça quand on tombe sans filet et que la note est présentée par les vents hurlants qui sont ici aussi. Déversement furieux pour nappe de cortège funéraire.
« Evil Dead Trip » perd en vitesse ce qu’il gratte en insanité. Les fréquences inconfortables, celles tapant entre deux types bien distincts d’émotions, voisinent un beat bien décidé lui à planter de la canine dans la chair trop vivante. Fracas de caisses claires, tapage de charleys, sifflements de synthés torturés et nappes spectrales. Motif juste-avant-l’aube, terrible trait renvoyant dos à dos darkitude et gothique dancefloor, « Evil Dead Trip » rappelle que l’envers du smiley techno n’est pas cette mise en sons de petits bads personnels mais plutôt l’accompagnement technologique vers la sortie des utopies, dont les gueules grotesques s’avachissent dans la boue.
Ah, Kotzaak.
Dronnzz