« I Don’t Care » dans la grande tradition spectrale du label, rameutant vols de corbeaux et formules démoniaques, dans une plage de vitesse le rapprochant plus de la techno furibarde que du speedcore fracassé. Les imprécations schizoïdes d’un Miro grand commentateur de ce qui tient lieu de modernité fertilisent un exercice de darkitude Deutschland sans autre surprise que celle d’une touche personnelle mêlant comme peu d’autres pulsionnel et ignorance des modes du moment.
« Death Rocker » : sorte de grosse farce au croisement entre le hard 70’s synthétique et l’EBM branchouille. Qu’était-il possible de faire surgir de ce postulat, à part cette, euh, chanson pas plus dérangeante que toute l’œuvre de Marilyn Manson ? Mais les récréations biéreuses sont aussi permises et, en accrochant un drapeau Motörhead au dessus de son lit et en recousant le dossard Iron Maiden sur sa veste en jean, ça devrait prendre une sorte de sens.
« Bloody Rain » et la bestialité mécano-lyrique d’un compositeur en roue libre, maniant dans l’aisance quelques codes d’un Kotzaak sombre par delà le noir et le vide. Nappe en suspens permanent, agrégats rythmiques jetés au fil d’une chevauchée désespérée, cris fondus dans la machine : les grands traits de la geste Kotzaak, cette version romantique et absolue du ‘Phuture’ de feu PCP, traversent ce track classique.
Le remix d’un des trois meilleurs morceaux du label (« Dive Into Steel », Kotzaak 9), voilà qui enjolive la marche vers la désincarnation numérique, en cela que « Dive Into Steel (Stickeads 2006 Mix) » ne conserve de la version originale (et sa nappe en cri) qu’une fréquence nue, expédiée après une première moitié de track en cavalcade crue. Pas grand-chose à voir avec le morceau d’origine donc, à part une évocation élégiaque dont le peu d’effets permet au passé de rester à l’état de cendre. Hypnotisme à tous crins et bons côtés de la morbidité : du Kotzaak Grand Chef.
Dronnzz