/recherche : /netlabel /forum /contact /sommaire

/interviews
/chroniques
/reportages
/playlists
/dossiers
/signal parasite

/artiste(s) :
TR
/label :
KTR

TR - Autoload - KTR EP01

 

Artiste : TR

Label : KTR

Titre : Autoload

Référence : KTR EP01

Format : 12’’

TR c’est l’autre alias de Sarin Assault. Producteur qui survole les canyons electroniques sans bruit, comme un avion furtif lâchant erratiquement quelques bombes sans qu’on sache finalement grand chose sur le bonhomme. Le hardcore français lui doit des tueries sur Dead end, Komum, Sans Pitié (parfois en collaboration avec Al Core), et Epileptik de loin sa meilleure sortie. A coté de ça, ses bassdrums ont traversé l’Atlantique pour atterrir chez la clique de Doormouse (la superbe blastance noisecore du Digital hut 07) et Omar Santana (H20H). Jamais là où on l’attend le TR, mais à chaque fois : du vinyle de grande valeur. Il n’en faut pas plus pour façonner un petit mythe underground.

Aujourd’hui, il refait surface -toujours en loucedé- avec son propre label KTR qui tente en guise de 01 le kamikaze pari d’un fourtracker multi-styles. Test.

Première plage, meilleure plage. « Transparent » : hardcore aux résonances mystiques. Un vaisseau-cathédrale en dérive à travers des espaces de reverb. Chœurs de synthé & nappes chair-de-poule. Le track n’en finit pas de prendre de l’ampleur, de franchir des paliers dans la perche à mesure que de nouveaux éléments enrobent son architecture majestueuse. Preuve est à nouveau faite que ce type d’atmosphère solennelle, narrative, peut se déployer bien au-delà des 130-140 bpm doomeux auxquels on l’astreint de plus en plus. A la clé : un hardcore lumineux et céleste à jamais hors de portée des bacs moisis.

« Autoload » simule un lourd amenbreak à l’aide de bleeps et de brocs, que perturbent des stops, des rewinds et tout un bestiaire de basses fréquences. Jouant la carte de l’ultra linéaire à revers de l’esthétique hardbreak dominante, il brode aussi dans l’émotionnel quand scintille une jolie mélodie un peu déprimée. Pas la déprime dure qu’inspire la vision des gondoles hardcore de la FNAC, mais celle, vaguement agréable, des journées pluvieuses et mélancolique que la pureté des sons de synthèse sait restituer à la perfection (ça ne date pas d’hier). Pardon ? On est loin du digital hut ? C’est rien de le dire. On commence à ce stade à penser au Autechre d’ « Incunabula » et « Amber » pour certains sons, et ça se confirme avec « Grid LOx sect-1 vs sect 2 » un truc qui aurait été estampillé intelligent jungle en 97. Deep drum n’ bass tendance hardstep, savamment torchée, qui a écouté un tas de Metalheadz. Classe.

Enfin : « Try Me », exercice lounge-beak suranné, évoquant les premiers Future Sound of London, (TR n’est pas indifférent au son anglais on l’aura compris) sans le coté visionnaire. Pas le genre de truc qu’on s’attendait à trouver là, mais après la leçon « Transparent » et la beauté d’« Autoload », on se sent l’âme indulgente.

Alors quoi ? Soit Sarin Assault se cherche, soit au contraire, il a choisi l’option épanouissante mais casse-gueule de ne plus s’emmerder avec des histoires de classification, de scène etc. En tout cas voilà du matériel qui ne parvient pas à masquer le gros talent polymorphe de son auteur derrière une façade des plus accessibles.



Dr Venkman

Site web : http://www.ktrproductions.com/

 

  Publication de l'article :
 
Eté 2003

/copyright /sommaire /signal zero e-zine 1999/2006