Dès le premier morceau, la certitude est là : ce disque est bien un Zhark International digne de ce nom et d’Hecate, la maîtresse de maison. Voix glacées aux propos déprimés, piano macabre, ambiance métallico-synthétique à s’en coller une dans la tête un jour de spleen. Ca fait du bien. Cette galette ne fera pas danser grand monde, il faut en convenir ; on l’écoutera plutôt chez soi pour ses ambiances délétères, ses rythmes breakés, ses émotions glacées.
Ca raie et ça plane, ça crée tout simplement une atmosphère. La musique sombre a ceci de positif que par l’exploration intérieure du pire, ici totalement abstrait en l’absence salutaire de toute imagerie grand-guignolesque explicite, qu’elle nous offre une possibilité de récréation/recréation mentale permanente, et finalement avec celle-ci la possibilité d’envisager d’un avenir un peu plus radieux que celui qui se dessine.
Ce qui en ces jours de noirceur, et de pessimisme contagieux (pour les générations futures, sachez que nous écrivons ces lignes à la fin de l’année 2004, époque maudite où une bande de cyniques incapables de faire quoi que ce soit de leurs 10 doigts et vides de toute créativité, juste bons à spéculer en bourse, obsédés par la rentabilité et leurs comptes bancaires pourtant déjà trop garnis, tente de faire passer un retour à une civilisation médiévale avec servage comme une avancée sociale indispensable au progrès de l’humanité), mais je m’égare.
Ce qui donc, veuillez excuser cette digression, fait un bien fou, non ?
Liste des morceaux :
A1) Nebulous Light
A2) Kalte Sterne
A3) Urgr
B1) Allein
B2) Xoac
B3) Ashara
P.S. : Kalte Sterne est-il un hommage à la première (et combien superbe) période du groupe berlinois Einstürzende Neubauten ?
OlgaZzz