Le hardcore anglais a le quantitatif erratique mais toujours demeure, près de 15 ans après le ardkore, cette suprématie du breakbeat cuisiné à toutes les sauces. S’il est difficile donc de ne pas comparer avec l’école Hellfish/Producer, il reste que ceux-ci n’ont pas le monopole du break en diable.
Avec « Opening Up », The Teknoist propulse le romantisme urbain au centre d’un track plutôt deep. Une nappe aux harmonies d’après toutes les batailles vient pacifier le chaos d’un beat en convulsions. La rythmique sourd par des fréquences bien plus basses que les bas-mediums en général chargés de tout faire claquer. C’est aérien et assez peu incitatif au serrage de mâchoire ; presque beau.
»Zebs Fatal Feet of Fury », plus rapide avec plus de distorsion. Le jive anglais si reconnaissable porte haut les couleurs d’un hardcore cognant des deux poings : dark et destroy. Avec cette option ludique qu’apportent les samples vocaux d’un bateleur. Bien sûr, après le break, le déchaînement de kicks mis au point par Hellfish sur « The Uridium Project » entraîne le morceau vers un sommet de qui-tape.
« Let’s Build A Nerd Fort » joue le jeu de la déconstruction permanente, entre courtes phases linéaires et breaks à rallonge en forme de pyramides inversées. Roulements et désossages de beats en font un track assez volatil, chevauchant allègrement le fil du rasoir du freestyle. La distorsion dégueule un peu à droite à gauche, mais à ce stade, c’est qu’on est là pour en bouffer aussi, alors qu’on évolue encore dans des plages de vitesse pas supersoniques.
The Dolphin croise en des eaux beaucoup plus classiques. Entre du Hellfish atmosphérique et du Producer simpliste, les sillons sont bien trop balisés pour que ne saute pas aux oreilles le poids des illustres prédécesseurs. Des breakbeats tordus aux nappes chorales, tout fait élément d’importation. Entre l’inspiration et la pompe intégrale, la frontière est ici très floue, pour ne pas dire plus. « The Awakening » sauve un peu la mise car sa longueur autorise des digressions lui conférant un aspect plus personnel que les deux autres tracks, sa relative lenteur accentuant sa charge industrielle. On dirait de ce son qu’il « fait anglais » dans la mesure ou Deathchant a marqué au fer rouge beaucoup des productions anglaises des dernières années - la rançon du succès, sans doute. Pas désagréable donc, juste entendu 1000 fois.
Attention les étiquettes ont été inversées.
Dronnzz