IDM au sens d’Intelligent Dance Music est une appellation qui sent le gaz, carrément puante même, mais les productions ainsi étiquetées ne le sont pas toujours. Ici, de l’electronica 24 carats sur le nouveau label de Laurent Hô (eh oui) et K.oz (Monsieur YB70). En première sortie donc, l’album magnifique d’un projet américain repéré jadis sur Caipirinha. Des nappes avec un grand N, deep et souvent poignantes, enveloppent d’interminables équations de nano-rythmes glitchés qui ricochent dans l’espace stéréo. On visualise des mains usées mais précises entrain d’assembler des mécanismes miniatures. Le disque est généreux en passages très inventifs , comme sur « Tuscan Steak » où quelqu’un commence par farfouiller dans une caisse remplie de petits objets métalliques et désuets. Plink. Klang. L’aléatoire se structure progressivement en un beat déglingué mais cohérent, et pour ainsi dire presque funky. Puis montent les nappes...
Au zénith de sa classe, l’album irradie une beauté subaquatique proche du monument « Lifeforms » de FSOL. En particulier, et encore, sur « Tuscan Steak » : une des plus lumineuses plages ambient-electronica entendues depuis des lustres. A d’autres moments, c’est le vieux technospleen de Detroit qui passe comme une ombre, laissant supposer que Cristian Fleming a dû avoir sa période (« Medicine is using Maggots and Bats"). Les derniers titres ont le broken bit plus marqué, un peu dans l’esprit Funkstörung, mais chez Unit, l’émotion semble toujours passer avant la branlette séquentielle.
49 minutes 55 secondes lentes et gracieuses comme un banc de méduses translucides en migration au milieu de nulle part.
Dr Venkman