Pays des D-Boy, Traxtorm et autres syndromes bourgeois post-eurodance, l’Italie pioche dans une esthétique free aux recettes éprouvées par-delà ses frontières de quoi s’encanailler un peu (la lecture des pseudos des auteurs de ce maxi donnant un aperçu des portées de cette entreprise). Donc, histoire de donner aux instances humanistes en charge des affaires de quoi durcir les lois en vigueur concernant le spectacle musical libre et gratuit™, des hardcoreux de là-bas noircissent leurs séquences au charbon de sombres compositions.
« N340 (Mediterranea) », hardcore monokick à peine retouché en sortie de live, insuffle la grâce du voyou muni d’un Perf’ à guitares électriques et de ‘tiags de boucles acides émulées la notice à peine lue. Un peu art primitif, touchant mais le regard en dessous toutefois - attention si croisé sur un son de tekos™.
« Tetsuo : The Body Hammer », délicieux objet speed in yer face, évoque sans le savoir ce qu’aurait pu donner un Atomic Compressor d’après l’Amiga ou un Patric Catani bi-pattern (ce que le breakcore nous aura évité). Un peu court mais quand ça tabasse, c’est sentimental.
« Tank », pas plus ensoleillé que les précédents, est le plus musical de la written side. Enfin, musical : évolutif et varié, déjà, et revenu à des vitesses d’ère des radars. Avec cet emploi du charley en fouette cocher que plus personne n’ose utiliser, et ces boucles surmixées appelant à la nostalgie du temps ou la fonderie était l’avenir le plus reluisant pour la jeunesse rescapée de la guerre en cours. Y a pas, quand il veut faire underground, il met le paquet, le transalpin.
En art side« Four Liquid Stones In The Cellar », tout introduit de sons liquides et mené par un sec kick martial, laisse entrevoir ce que la tek de 1994 dénaturée par un traitement en teknival eût pu donner si l’acidcore n’avait pas pris le dessus. Mais ce synthé electro droit tiré de la musique de fond d’un épisode de « Miami Vice » (première saison) flanque un tel coup de kittinisme (variante QQ du gigoloïsme) dans tout ça que surgit une interrogation - salvatrice : et si ce morceau était expé ?
Il faut avouer que la rythmique de « Submarine » évoque furieusement du Popof. D’ailleurs, le morceau pourrait être du Popof. C’est qui Popof ? Bienheureux qui pose cette question.
Que celle ou celui qui entend dans « Loctite » autre chose que de la tribe de merde (ce pléonasme-ci restant salvateur à formuler) ne prévienne pas la rédaction, merci.
Un maxi à une face, donc.
Dronnzz