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Bruchstellen

V/A - Bruchstellen Records Vol. 02

 

Artiste : v.a.

Label : Bruchstellen Records

Titre : Bruchstellen Records Volume 02

Référence : Bruchstellen Records 02

Format : 12"

Le graphisme de la pochette n’est pas si loin du compte en suggérant une interpolation entre la fraicheur végétale et la rigueur de la mécanisation. Voilà un disque de breakcore enthousiasmant comme je n’en avais pas eu en main depuis un moment.

Il fut un temps où le breakcore apporta de la fraîcheur au hardcore qui était en plein essouflement. Essouflement qui semble aujourd’hui avoir également atteint la scène breakcore. Outre le grand n’importe quoi de certaines productions, on remarque aussi l’apparition de compositeurs ou d’auditeurs hautains qui pensent faire partie d’une élite parce qu’ils ne font ni n’écoutent de la musique linéaire. On avait trouvé ce syndrome désagréable avec la scène IDM, il l’est tout autant dans le breakcore. Néanmoins, ceci est le propre des suiveurs, non des créateurs. Fort heureusement, dans toutes les "scènes" en question, des gens font montre de créativité et d’esprit ouvert. C’est ainsi par exemple qu’on peut considérer la remarquable sortie de Stormtrooper, MCK et ANC sur le label Restroom l’an dernier.

C’est également ainsi que je considère ce beau disque. LFO Demon a manifestement plus d’une corde à son arc, tant comme compositeur que comme producteur.

On commence avec Edgey, qui nous propose un morceau de breakcore ou de Drum n’ Bass, ou les deux. Disons un morceau de breakcore avec des rythmiques écrites comme de la Drum n’ Bass. Ca tourne bien, et bien que les basses ne soient pas ultra déferlantes comme sur un bon gros Evol Intent, le morceau est prenant et fonctionne bien. On continue dans la rigueur avec Main$tream, qui nous propose un morceau froid, net et sans appel. Je regrette simplement le côté facile des samples vocaux. C’est avec le troisième morceau de cette face A que le disque prend toute sa mesure. Drk n’a pas la prétention de nous raconter des histoires drôles, ni de nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sa musique est dure, énergique, implacable. Entre les déferlements de kicks sombres et les riffs de snares spasmodiques on en prend plein la tête durant tout le morceau. Et quand c’est fini, ça ne l’est pas, enfin ça rebondit, ça recogne sur le pauvre auditeur qui n’en demandait pas tant. Effrayant et superbe...

Le morceau de LFO Demon qui débute la face B m’amène où je voulais en venir au début de ce billet. Le hardcore, en pratiquant le métissage, donna naissance au breakcore, et c’est également, je crois, par le métissage que le breakcore pourra sauver sa peau. Le métissage, ce n’est pas forcément le mélange audible, ce n’est pas plagier, pardon sampler, des thèmes d’autres styles en leur mettant un beat breaké. Non le métissage c’est le confluent de tout ce qui fait la différence entre quelqu’un qui aime la musique et quelqu’un qui écoute un seul genre. LFO Demon illustre à merveille ce fait avec un morceau qui intègre des influences rave, ragga, techno, breakbeat... en un morceau festif et jubilatoire, avec un vocal, une respiration et une rythmique d’une efficacité qui vous fera dessiner des patterns sur le sol de la piste avec vos pieds.

On continue ensuite à ne pas trop se prendre au sérieux avec un collage multiple de Toe Cutter. Je dois dire que la démarche me laisse sceptique, mais l’homme a ses adeptes.

Le disque termine en beauté avec un retour à un morceau plus austère de Maladroit, très bien construit, qui mélange avec bonheur les rythmes breaks et les passages en 4/4 linéaire (et rapide !), bref un vrai morceau de vrai breakcore avec des vrais morceaux de dureté dedans !



OlgaZzz

Site web : http://www.bruchstellen-records.com/

 

  Publication de l'article :
 
Mai 2005

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