Le label de Placid K sera peut-être celui qui résistera au naufrage des labels hardcore mid-tempoïstes à la mode. Derrière le son, des compositions, l’énergie, un peu plus d’appétit aussi. Il y a, comme ça, deux Choose Or Lose 15 (Part 1 et l’autre).
« B.2.B. » du rarement mauvais Placid K est un joli petit entêtement bouclé. Moins heurté que la plupart des œuvres de son auteur, ce morceau tire de la répétitivité de ses thèmes et de ses rythmes syncopés un potentiel évocateur d’une sorte de, euh, hardcore-gabber tribal. Un peu une histoire d’instinct futuriste glorifié par une technologie animiste. Mystérieux.
« Disturbed », de Radioactive, repose sa raison d’être sur un kick saturé contenant ce qu’il faut d’électricité statique et de pan-dan-lagl’. Il faudrait toutefois prévenir ces gens qu’à chercher à renouveler le gabber en y injectant de l’industriel, ils finiront par arriver dans les archives du hardcore français. En l’occurrence, ce morceau évoque quand même le son Micropoint circa « Neurophonie » (1999). Cela n’en fait pas une nullité pour autant.
« Slaughter Business (Original Mix) » chasse sur les mêmes terres hard-techno que celles assidûment fréquentées par le grand Peaky Pounder. La simplicité apparente des structures rythmiques fait le jeu de distorsions folâtres saupoudrées elles selon des schémas branchés. Mais Coreporation s’en tire bien en soustrayant quelques bpm à ce morceau qui lors échappe à la destinée de moins en moins heureuse des tracks de gabber saturé pour accéder au statut de wannabe morceau à la mode.
DJ Killah tartine toutes les articulations de son androïdesque « U Got It (Placid K Mix) » de synthés métalliques un peu calmés par rapport aux cris de cybermouettes gavant son premier effort sur le label, celui à la pochette rouge, le 003. Le déroulé appliqué des phases rythmiques laisse penser que quand il est trop besoin de la chercher, l’efficacité passe par le scolaire plutôt que par l’énergie brute. Qui a dit « efficacité scolaire = bourrinage » ? Ah oui, DJ Killah, pas fin. Mais on parle de hardcore-gabber italien, en même temps.
D’excellents DJ tools pour sonoriser un été muy caliente. Choose Or Lose n’a jamais prétendu être le refuge de concepts futuristes en déroute, hein.
Dronnzz